Paracha – Nitsavim Vayélekh – paroles de renforcement de notre maître le Rav – au sujet de la mitsva de téchouva
Question
Nous nous trouvons dans les jours du mois d’Eloul, mois de miséricorde et de pardon, et, avec l’aide de Hachem, dimanche nous commençons le premier jour des Selihot (pour les Ashkénazes). Nous avons demandé à notre maître, le Gaon Rav Amram Fried shlita, étant donné que nous nous tenons véritablement à la veille du jour du jugement, au cœur du mois de miséricorde et de pardon, s’il était possible d’écrire pour nous, au bénéfice du public, des paroles de renforcement et un conseil pour ces jours saints.
Réponse du Rav shlita : Nous avons l’obligation de faire téchouva, mais la chose est très difficile. Faire téchouva ne se résume pas à réciter le vidouï sans éprouver un regret véritablement profond. La voie pour être acquitté lors du jugement consiste à faire partie de la collectivité, et cela se fait en donnant du mérite au grand nombre par une participation régulière à des cours, car chaque manque de chacun a une influence sur tous.
Une autre voie consiste à renoncer aux offenses subies, car nos Sages ont dit (Roch Hachana 17) : celui qui passe outre ses mesures, on passe outre toutes ses fautes. Ainsi, lorsqu’un homme ne se montre pas strict au sujet des mauvaises actions que d’autres personnes ont commises envers lui, et qu’il leur pardonne et renonce à ses griefs, le Saint béni soit-Il lui pardonnera et renoncera également à Ses griefs envers lui.
Question hebdomadaire au sujet de la téchouva :
Il est écrit dans la paracha : (2) "וְשַׁבְתָּ עַד ה' אֱלֹקֶיךָ וְשָׁמַעְתָּ בְקֹלוֹ כְּכֹל אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם אַתָּה וּבָנֶיךָ בְּכָל לְבָבְךָ וּבְכָל נַפְשֶׁךָ" — "Tu reviendras jusqu’à Hachem ton D.ieu, et tu écouteras Sa voix, selon tout ce que Je t’ordonne aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme." Il est écrit dans la Guemara, traité Pessahim, page 54a :
"שבעה דברים נבראו קודם שנברא העולם, ואלו הן: תורה, ותשובה, וגן עדן, וגיהנם, וכיסא הכבוד, ובית המקדש, ושמו של משיח" — "Sept choses furent créées avant que le monde ne soit créé, et les voici : la Torah, la téchouva, le Gan Eden, le Guéhinam, le Trône de Gloire, le Beth Hamikdach et le nom du Machia’h."
Pourquoi Hachem devait-Il créer la téchouva avant la création du monde ? N’aurait-Il pas pu la créer après avoir déjà créé le monde ?
Réponse
J’ai trouvé, avec l’aide de Hachem, dans le Tzlach, dans son commentaire sur la Guemara susmentionnée, qu’il vient expliquer cette question ; et à partir de sa réponse, nous comprendrons la grandeur de la force de la téchouva :
Et voici ses termes : "שבעה דברים נבראו קודם שנברא העולם, ואלו הן: תורה ותשובה וכו'" — "Sept choses furent créées avant que le monde ne soit créé, et les voici : la Torah et la téchouva, etc."
Il me semble nécessaire d’expliquer le sujet : comment peut-il être question de création à propos de la téchouva ? Et bien qu’il y ait certainement ici une allusion à des choses qui se tiennent au sommet du monde, "וּמִי חָכָם וְיָבֵן אֶת זֹאת, וּמוֹדָע לַבִּינָה יִקְרָא" — "Qui est sage pour comprendre cela ? Et que celui qui est doué d’intelligence le proclame", malgré tout il me semble bon d’expliquer le sujet. Il est connu que l’homme a sa racine dans la terre, tandis que sa ramure s’élève jusqu’aux hauteurs des cieux. Et tout acte de l’homme, que ce soit pour le bien ou l’inverse, laisse une empreinte en haut, au point de porter atteinte, à D.ieu ne plaise, par ses actes, aux attributs supérieurs. Et le Saint béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, lorsqu’Il organisa les attributs en haut — ce qui eut certainement lieu avant la création de ce monde matériel — les organisa avec sagesse, de telle sorte que même si, à D.ieu ne plaise, une atteinte venait à affecter un attribut par les actes des êtres d’en bas, cette atteinte ne provoquerait pas destruction ni brisure, mais seulement une descente de niveau. Ainsi, lorsque l’homme revient et regrette le mal, l’attribut peut revenir et remonter à sa place initiale. Et telle est l’intention de nos Maîtres, de mémoire bénie, lorsqu’ils disent que la téchouva fut créée avant que le monde ne soit créé. C’est-à-dire : le Saint béni soit-Il organisa les attributs de façon qu’ils puissent revenir et remonter. Fin de citation.
Nous voyons de là le grand cadeau appelé téchouva, que Hachem a inscrit dans la création avant même la création du monde, afin que chaque Juif, quelle que soit sa situation, puisse, par la téchouva, revenir et réparer tous les mondes auxquels il aurait porté atteinte, à D.ieu ne plaise. Nous voyons également une chose merveilleuse dans les paroles de Rabbénou Hananel. Mais introduisons d’abord les paroles du Tour au sujet de la bénédiction de la téchouva, qui contient quinze mots selon toutes les versions. Quelle est donc la grande importance du nombre quinze dans le domaine de la téchouva, au point que l’on ait institué qu’elle contienne précisément quinze mots ?
Le Tour écrit ainsi : Elle contient quinze mots, correspondant aux quinze mots du verset : "יַעֲזֹב רָשָׁע דַּרְכּוֹ וְאִישׁ אָוֶן מַחְשְׁבֹתָיו, וְיָשֹׁב אֶל ה׳ וִירַחֲמֵהוּ וְאֶל אֱלֹקֵינוּ כִּי יַרְבֶּה לִסְלוֹחַ" — "Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées ; qu’il revienne à Hachem, qui aura pitié de lui, et à notre D.ieu, car Il pardonne abondamment" (Yéchayahou 55), ainsi qu’au verset "וּבְשׁוּב רָשָׁע" — "Et lorsque le méchant reviendra" (Yehezkel 18), et aussi au verset "וְעוֹד בָּהּ עֲשִׂרִיָּ" — "Il y aura encore en elle un dixième" (Yéchayahou 6). Et grande est la téchouva, car elle atteint jusqu’au Trône de Gloire. De la terre jusqu’au firmament, il y a une distance de cinq cents ans de marche ; l’épaisseur du firmament représente également cinq cents ans de marche, et il en va de même pour tout l’espace situé entre un firmament et l’autre. Il se trouve donc qu’il y a sept espaces et sept firmaments, et au-dessus d’eux le Trône de Gloire, jusqu’où la téchouva parvient — cela fait quinze. La bénédiction commence par la lettre hé et se termine par la lettre hé, ce qui fait dix, correspondant aux dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour, préparés pour ceux qui font téchouva. De ce monde-ci jusqu’au Trône de Gloire, il faut s’élever de quinze degrés ; par conséquent, le nombre quinze symbolise que grande est la téchouva, qui atteint jusqu’au Trône de Gloire.
Rabbénou Hananel explique (Yoma, page 86b) que non seulement la téchouva atteint jusqu’au Trône de Gloire, mais que cela signifie que la téchouva répare même des fautes si graves qu’elles sont parvenues jusqu’au Trône de Gloire en raison de leur extrême gravité.
Et voici les termes de Rabbénou Hananel : Grande est la téchouva, car même si sa faute est parvenue jusqu’au Trône de Gloire, la téchouva expie, comme il est dit : "שובה ישראל עד ה' אלקיך" — "Reviens, Israël, jusqu’à Hachem ton D.ieu".
Au nom de toute l’équipe du site Sheilot, nous vous souhaitons à tous un Chabbat chalom béni, ainsi qu’une bonne inscription et un bon scellement.