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Parachat Ki Tavo – au sujet de la mitsva des Bikourim accomplie par le don d’un présent à un talmid hakham

Question

A guten Erev Chabbat !

Il est écrit dans la paracha : « וּבָאתָ אֶל הַכֹּהֵן אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם, וְאָמַרְתָּ אֵלָיו: הִגַּדְתִּי הַיּוֹם לַה' אֱלֹקֶיךָ, כִּי בָאתִי אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּע ה' לַאֲבֹתֵינוּ לָתֶת לָנוּ. » — « Tu viendras vers le cohen qui sera en ces jours-là, et tu lui diras : J’ai déclaré aujourd’hui à Hachem ton D.ieu que je suis venu dans le pays que Hachem a juré à nos pères de nous donner. »

Pourquoi est-il écrit dans le verset : « אל הכהן אשר יהיה בימים ההם » — « vers le cohen qui sera en ces jours-là » ? Il est pourtant évident que l’on doit donner les Bikourim au cohen de cette génération-là.

Réponse

Il existe à ce sujet une controverse entre les Richonim, entre Rachi et le Ramban.

Rachi comprend que l’intention est la suivante : tu n’as d’autre cohen que celui de tes jours, tel qu’il est. Comme nous l’avons vu au sujet du juge, où il est écrit : « וקמת ועלית... אל השופט אשר יהיה בימים ההם » — « tu te lèveras et tu monteras… vers le juge qui sera en ces jours-là » ; tu n’as d’autre juge que celui qui se trouve à ton époque.


Le Ramban objecte à cela : en ce qui concerne un jugement, je comprends que la Torah oblige à écouter le juge, même s’il n’est pas aussi grand en sagesse que les juges des générations précédentes. Puisqu’aujourd’hui c’est lui le juge, il y a une mitsva d’écouter sa voix.
Mais en ce qui concerne les Bikourim, qui sont un don offert à Hachem, et le cohen est celui qui accomplit le service dans le Beth Hamikdach, quelle différence cela fait-il qu’il soit ou non comparable aux cohanim des générations précédentes ?

En raison de cette difficulté, le Ramban propose une autre explication : l’intention du verset est qu’il faut donner les Bikourim au cohen qui se trouve actuellement dans le Beth Hamikdach, et que c’est le temps de sa garde sacerdotale. C’est à lui qu’il faut donner les Bikourim, et non faire venir un cohen de sa ville afin de lui apporter les Bikourim.

Voici les termes du Ramban :

(3) Le sens de « אל הכהן אשר יהיה בימים ההם » — « vers le cohen qui sera en ces jours-là » est : vers le cohen qui se trouvera là-bas en ces jours-là, car ils sont donnés aux hommes de la garde sacerdotale, comme tous les sacrifices, et non qu’il emmène avec lui un cohen de sa ville pour offrir ses Bikourim.

Et Rachi a écrit : tu n’as d’autre cohen que celui qui sera de ton temps, tel qu’il est. Je n’ai pas compris cela, car dans le cas de l’ancien rebelle, il convient de dire « אל השופט אשר יהיה בימים ההם » — « vers le juge qui sera en ces jours-là » (ci-dessus 17, 9) : même s’il n’est pas aussi grand et sage que les premiers juges qui nous ont précédés en ce monde, il faut l’écouter ; « יפתח בדורו כשמואל בדורו » — « Yiftah dans sa génération équivaut à Shmouel dans sa génération ». Mais pour l’offrande des Bikourim, à qui les apporterait-il sinon au cohen qui se trouve de son temps ?


J’ai trouvé deux des grands A’haronim qui viennent résoudre les paroles de Rachi.

a. Le Taz, dans son commentaire sur la Torah dans le livre Divrei David, écrit ainsi :

Il me semble que l’on aurait pu penser, du fait qu’il est écrit : « הגדתי היום לה' אלקיך » — « j’ai déclaré aujourd’hui à Hachem ton D.ieu », qu’il associe le Nom du Saint béni soit-Il au cohen. Or le Saint béni soit-Il n’associe pas Son Nom aux justes de leur vivant, comme l’a dit Yaakov : « אלקי אברהם ופחד יצחק » — « le D.ieu d’Avraham et la Crainte de Yits’hak », et il n’a pas dit : « אלקי יצחק » — « le D.ieu de Yits’hak », car le Saint béni soit-Il n’associe pas Son Nom au juste de son vivant, comme l’a expliqué Rachi dans Parachat Vayétsé.
Et ici, Il associe Son Nom au cohen de son vivant ; une telle chose ne conviendrait qu’à un cohen important. En revanche, s’il n’est pas tellement important, on ne lui apporterait pas les Bikourim, car il ne serait pas juste d’associer le Nom du Saint béni soit-Il à lui, ou bien on les apporterait sans récitation. C’est pourquoi le verset vient nous enseigner que tout cohen, « tel qu’il est », est apte à cela, à dire ainsi, car l’importance de sa génération repose sur lui. Il me semble ainsi.


b. Le Keli Yakar explique ainsi :

Dans la Guemara, Ketoubot daf 105b, il est écrit : « וכי אלישע אוכל ביכורים היה? אלא ללמדך שכל המביא דורון לתלמיד חכם כאילו מקריב ביכורים » — « Élicha mangeait-il donc des Bikourim ? Cela vient plutôt t’enseigner que quiconque apporte un présent à un talmid hakham est considéré comme s’il avait offert des Bikourim. » S’il en est ainsi, nous voyons qu’il y a un avantage à apporter les Bikourim précisément à un talmid hakham.

C’est pourquoi nous aurions pu penser que si, dans cette garde sacerdotale, il n’y a pas de cohen talmid hakham, il faudrait attendre jusqu’à ce que vienne une garde sacerdotale comprenant un cohen talmid hakham. C’est à ce sujet que le verset nous enseigne : le cohen qui sera en ces jours-là ; à l’époque du Beth Hamikdach, lorsqu’on apporte les Bikourim, il faut les apporter au cohen qui se trouve alors dans le Beth Hamikdach.

Voici les termes du Keli Yakar :

(3) « ובאת אל הכהן אשר יהיה בימים ההם » — « Tu viendras vers le cohen qui sera en ces jours-là ». Parce que nos Sages ont dit (Ketoubot 105b) : « וכי אלישע אוכל ביכורים היה? אלא ללמדך שכל המביא דורון לתלמיד חכם כאילו מקריב ביכורים » — « Élicha mangeait-il donc des Bikourim ? Cela vient plutôt t’enseigner que quiconque apporte un présent à un talmid hakham est considéré comme s’il avait offert des Bikourim. »

Et puisqu’il a rattaché le présent offert à un talmid hakham aux Bikourim, il aurait pu nous venir à l’esprit que l’on ne donne les Bikourim qu’à un cohen talmid hakham qui se trouverait dans cette garde sacerdotale ; et s’il ne s’y trouve pas de talmid hakham, il aurait pu nous venir à l’esprit qu’il faille attendre jusqu’à ce que vienne la garde sacerdotale d’un quelconque cohen talmid hakham. C’est pourquoi le verset enseigne : « אשר יהיה בימים ההם » — « qui sera en ces jours-là ». Et par cela sont écartées les paroles du Ramban, qui a écrit : « Je n’ai pas compris cela », etc.


Selon ce qui a été dit plus haut, à savoir que même de nos jours il est possible d’accomplir l’idée de la mitsva des Bikourim en donnant un présent à des talmidei hakhamim, nous avons posé à notre maître, le Gaon Rav Amram Fried shlita deux questions à ce sujet, afin de savoir comment accomplir la mitsva de manière concrète :
Est-il possible de l’accomplir lorsque l’on donne le présent avec l’argent du maasser ?
Et quelle est la meilleure manière d’accomplir cette mitsva de nos jours ?

Réponse du Rav shlita
a – Oui.
b – On l’accomplit de nos jours en soutenant des talmidei hakhamim qui peinent dans la Torah et qui en ont besoin.

Au nom de toute l’équipe du site Sheilot. Nous vous souhaitons un bon Chabbat paisible et béni.

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