Parachat Ekev — au sujet des mitsvot que l’homme foule de ses talons
Question
Un bon erev Shabbes !
Au début de la paracha il est écrit :
״וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, וּשְׁמַרְתֶּם וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם; וְשָׁמַר ה' אֱלֹקיךָ לְךָ אֶת הַבְּרִית וְאֶת הַחֶסֶד אֲשֶׁר נִשְׁבַּע לַאֲבֹתֶיךָ. וַאֲהֵבְךָ וּבֵרַכְךָ וְהִרְבֶּךָ, וּבֵרַךְ פְּרִי בִטְנְךָ וּפְרִי אַדְמָתֶךָ, דְּגָנְךָ וְתִירֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, שְׁגַר אֲלָפֶיךָ וְעַשְׁתְּרֹת צֹאנֶךָ, עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּע לַאֲבֹתֶיךָ לָתֶת לָךְ״ — « Et ce sera, parce que vous écouterez ces lois, que vous les garderez et les accomplirez ; Hachem ton Elokim gardera pour toi l’alliance et la bonté qu’Il a jurées à tes pères. Il t’aimera, te bénira et te multipliera ; Il bénira le fruit de ton ventre et le fruit de ta terre, ton blé, ton vin nouveau et ton huile, la portée de tes bovins et les troupeaux de ton menu bétail, sur la terre qu’Il a juré à tes pères de te donner. »
Et Rachi explique le terme « Ekev » :
״אם המצוות הקלות שאדם דש בעקביו תשמעון״ — « Si vous écoutez les mitsvot légères que l’homme foule de ses talons. »
Et comme l’a écrit Rabbi Hakadoch dans Avot, chapitre 2, michna 1 :
״והוי זהיר במצוה קלה כבחמורה, שאין אתה יודע מתן שכרן של מצוות״ — « Sois attentif à une mitsva légère comme à une mitsva grave, car tu ne connais pas la récompense accordée aux mitsvot. »
Voyons une mitsva qui, aux yeux des gens, peut peut-être sembler être une mitsva légère, et quelle est la grande récompense que l’on reçoit pour elle.
La question :
Quelle mitsva l’homme doit-il accomplir afin de mériter une telle récompense ?
Dans le monde futur :
• être sauvé du jugement du Guéhinam.
Dans ce monde-ci :
• être sauvé du yetser hara
• être sauvé des souffrances
• que tous l’honorent.
• que lui soient envoyés de bons et fidèles compagnons sur lesquels on peut compter, comme nous l’avons trouvé chez Naaman, dont les compagnons l’ont guéri de sa lèpre, et non comme les compagnons de Re'havam, qui ont divisé son royaume.
Réponse
Bikour 'holim !
Oui, une personne entre rendre visite à un malade, le renforce et parle avec lui ; alors la Guemara dans Nedarim écrit la grandeur de la récompense du Bikour 'holim. Les gens pensent qu’aujourd’hui il existe un panier de soins de santé ou des organisations qui s’occupent des malades, et que, dans ce cas, cette mitsva n’est plus tellement pertinente ; mais en vérité, lorsque nous étudierons les lois de cette mitsva, nous verrons combien elle est importante, et qu’il s’agit d’un très grand acte de bienfaisance.
Voyons la source des choses que nous avons mentionnées plus haut, au sujet de la récompense de cette mitsva :
Talmud Bavli, traité Nedarim, page 40a
אמר רב: כל המבקר את החולה ניצול מדינה של גיהנם, שנאמר:
״אַשְׁרֵי מַשְׂכִּיל אֶל דָּל, בְּיוֹם רָעָה יְמַלְּטֵהוּ ה׳״.
— Rav a dit : Quiconque rend visite au malade est sauvé du jugement du Guéhinam, comme il est dit :
« Heureux celui qui prête attention au pauvre ; au jour du malheur, Hachem le délivrera. »
...La Guemara demande : s’il a rendu visite au malade, quelle est sa récompense ?
Apparemment, il a déjà été dit que sa récompense est d’être sauvé du jugement du Guéhinam ? Mais l’intention de la question est : quelle est sa récompense dans ce monde-ci ?
״ה׳ יִשְׁמְרֵהוּ וִיחַיֵּהוּ, וְאֻשַּׁר בָּאָרֶץ, וְאַל תִּתְּנֵהוּ בְּנֶפֶשׁ אֹיְבָיו״ — « Hachem le gardera et lui donnera la vie, il sera heureux dans le pays, et Tu ne le livreras pas au désir de ses ennemis. »
Hachem le gardera — du yetser hara.
Et lui donnera la vie — des souffrances.
Il sera heureux dans le pays — afin que tous l’honorent.
Et Tu ne le livreras pas au désir de ses ennemis — afin que lui soient envoyés de bons et fidèles compagnons, comme les compagnons de Naaman qui guérirent sa lèpre, et que ne lui soient pas envoyés des compagnons comme ceux de Re'havam, qui divisèrent son royaume.
La Guemara rapporte une histoire au sujet du Bikour 'holim, à propos de Rabbi Akiva :
מעשה בתלמיד אחד מתלמידי רבי עקיבא שחלה, ולא נכנסו חכמים לבקרו. נכנס רבי עקיבא לבקרו, ובזכות שכיבדו וריבצו את הבית לפניו, חיה. אמר לו התלמיד, רבי, החייתני.
יצא רבי עקיבא ודרש,כל מי שאינו מבקר חולים, כאילו שופך דמים.
— Il arriva qu’un élève parmi les élèves de Rabbi Akiva tomba malade, et les Sages n’entrèrent pas lui rendre visite. Rabbi Akiva entra lui rendre visite, et grâce au fait qu’ils nettoyèrent et arrosèrent la maison devant lui, il vécut. L’élève lui dit : Rabbi, tu m’as fait vivre.
Rabbi Akiva sortit et enseigna : quiconque ne rend pas visite aux malades, c’est comme s’il versait le sang.
C’est pourquoi on peut poser la question : comment accomplit-on concrètement, selon la halakha, la mitsva de Bikour 'holim ? Est-il suffisant de lui téléphoner, ou bien y a-t-il un intérêt précisément à aller lui rendre visite en personne ?
Notre maître, le Gaon Rav Amram Fried shlita, dans Azmera Lishmekha (# 266, voir là-bas), écrit ainsi :
Question : Peut-on accomplir la mitsva de Bikour 'holim en parlant avec le malade au téléphone ?
Réponse : On n’accomplit pas la mitsva de Bikour 'holim, mais on accomplit la mitsva de Guemilout 'hassadim.
La source de la réponse : concernant la raison de la mitsva de Bikour 'holim, nous avons trouvé dans la Guemara plusieurs raisons :
a. Afin que l’on s’éveille à demander miséricorde pour lui (comme il est expliqué dans Nedarim 40 et dans Yoré Déa, siman 335, que s’il n’a pas demandé miséricorde, il n’a pas accompli la mitsva).
b. Afin que l’on s’occupe des besoins du malade et que l’on veille à eux (comme il est expliqué dans Nedarim là-bas, que Rabbi Akiva a permis à l’élève de vivre en pourvoyant à ses besoins).
c. Car, par la visite, on prend un soixantième de sa maladie ou de sa peine, s’il est son ben guilo (Nedarim 39b ; Bava Metzia 30a).
d. Car, par la visite, on procure de la satisfaction au malade (comme il est expliqué dans le Ramban, dans Torat Haadam, Chaar Hamei'houch, lettre 6 ; ses paroles sont rapportées dans le Beit Yossef, siman 335, en plus des raisons a-b mentionnées ci-dessus, et cela est également expliqué dans le commentaire du Rosh sur la Torah rapporté plus loin).
Or, par une « visite » au moyen du téléphone, on ne prend pas un soixantième de sa maladie. De même, il faut examiner si, lors d’une visite par téléphone, on s’éveillera également à demander miséricorde pour lui, ou peut-être cela n’est-il vrai que lorsqu’on lui rend réellement visite et que l’on voit son état, ce qui amène à prier avec davantage de kavana. De même, il faut examiner si l’on ne se souciera des besoins du malade précisément que lorsqu’on se trouve réellement avec lui [même si, par téléphone aussi, on peut savoir et s’occuper d’une partie de ce qui est nécessaire], comme cela est expliqué dans la formulation du Tour (siman 335) : « du fait qu’il le voit, il examine sa situation pour savoir s’il aura besoin de quelque chose, il s’efforce de le lui procurer, et il fait en sorte que l’on nettoie et arrose devant lui », fin de citation [et l’on peut repousser la preuve tirée de la formulation du Tour].
Mais il semble que, dans tous les cas, lorsqu’il ne peut pas rendre visite au malade et qu’il n’accomplit pas la mitsva de Bikour 'holim, il doit l’appeler afin d’accomplir au moins la mitsva de Guemilout 'hassadim.
Au nom de toute l’équipe du site Cheilot, nous vous souhaitons un Chabbat chalom béni.