Parachat Nasso – Chag Chavouot – Au sujet des bénédictions de la Torah
Question
Un guten veille de Yom Tov et veille de Chabbat kodesh !
Messieurs !! N’oubliez pas de faire l’‘erouv tavchiline !!!! (année 5786)
À l’occasion de Yom Tov de Chavouot, la fête du don de notre Torah, nous posons une question fondamentale au sujet du don de la Torah.
Chaque jour, nous bénissons Hachem pour le don de la Torah, par les bénédictions de la Torah.
La question :
Pourquoi, dans les bénédictions de la Torah, devons-nous réciter trois bénédictions pour un seul et même sujet ? N’aurait-il pas suffi de réciter une seule bénédiction pour remercier Hachem pour la Torah, comme nous le faisons pour les autres choses ? Et quelle est la signification de ces trois bénédictions ?
Réponse
Cette question, avec l’aide d’Hachem, je l’ai trouvée dans l’introduction au livre « Nahalat Yaakov » du Gaon auteur du « Netivot », et il explique que les trois bénédictions portent en fait sur trois degrés que le Saint béni soit-Il nous a donnés par le don de la Torah, degrés qu’Il n’a pas donnés aux non-Juifs. On pourrait demander : quelle est la différence entre l’acceptation des mitsvot par le peuple d’Israël et les sept lois noachides ? Est-ce seulement une question de nombre – nous avons 613 mitsvot de plus qu’eux – ou s’agit-il de quelque chose de bien plus profond ?
Le livre « Nahalat Yaakov » explique que les trois bénédictions que nous récitons dans les bénédictions de la Torah correspondent à trois différences entre le don de la Torah au peuple d’Israël et les sept mitsvot des Bnei Noa’h pour les nations :
1) La mitsva de l’étude de la Torah.
Les non-Juifs n’ont pas de commandement d’étudier la Torah : ils doivent seulement accomplir leurs mitsvot. Tandis que le peuple d’Israël a la mitsva de l’étude de la Torah : Guemara, Richonim et A’haronim, avec une grande profondeur, de nombreuses questions et de multiples cheminements pour expliquer chaque sujet. Et, à l’heure actuelle, nous le voyons dans le ‘olam ha-yechivot, où l’on se plonge en profondeur et où l’on "pilpoule" dans la Torah (j’ai vu dans l’un des feuillets du monde des yechivot qu’un Rav avait écrit 100 questions sur l’opinion du Raavad concernant la « ‘hazaka de trois ans », et cela à notre époque, pas il y a cent ans… Heureux sommes-nous d’avoir mérité cela !). Voilà ce qu’est l’étude de la Torah. Les non-Juifs, eux, n’ont pas une telle mitsva d’étudier la Torah.
Et c’est à ce propos que nous bénissons : « לעסוק בדברי תורה » (« se consacrer aux paroles de la Torah »), qui est une bénédiction sur l’étude même de la Torah.
2) La dimension intérieure de la Torah.
Voici les termes de « Nahalat Yaakov » :
« כי לתורה יש לבוש ופנימיות, ולנו ניתנה גם הפנימיות, שהרי המלאכים נתקנאו בנו ורצו שתינתן התורה להם, והלבוש אינו שייך אצלם ».
(« Car la Torah possède un vêtement extérieur et une intériorité, et c’est à nous qu’a été donnée aussi l’intériorité, car les anges nous ont enviés et ont voulu que la Torah leur soit donnée, et le „vêtement“ ne leur convient pas. »)
« פנימיות התורה אינה מושגת בשכל האנושי, אלא אם כן שורה עליו רוח ממרום. ולכן תיקנו לברך "מלמד תורה", כי בכל יום צריכים אנו להאיר עלינו רוח קודשו כדי להבין את פנימיות התורה"».
(« La dimension intérieure de la Torah n’est pas saisissable par l’intellect humain, à moins qu’un esprit venu d’En-Haut ne repose sur lui. C’est pourquoi on a institué de bénir „[ה]מלמד תורה“ („[Celui qui] enseigne la Torah“), car chaque jour nous avons besoin que Son esprit de sainteté se répande sur nous pour comprendre l’intériorité de la Torah. »)
C’est-à-dire que les non-Juifs n’ont que la pratique des mitsvot en tant que telle, mais n’ont aucun lien avec la dimension intérieure des mitsvot. Alors que pour le peuple d’Israël, non seulement nous avons les mitsvot, mais en plus le Saint béni soit-Il nous enseigne le monde intérieur de la Torah, qui est une sagesse infinie. Et c’est à ce propos que nous bénissons : « המלמד תורה לעמו ישראל » (« [Celui qui] enseigne la Torah à Son peuple Israël »). (On peut dire, dans ce sens, que cela donne aussi de la douceur à la Torah – « והערב נא… » (« fais que les paroles de Ta Torah soient agréables dans notre bouche… ») – lorsqu’on sait combien de profondeur et d’intériorité il y a dans la Torah et les mitsvot – « raza de-razzin », « le secret des secrets ».)
3) Le pouvoir de trancher la loi de la Torah.
Lorsque le Saint béni soit-Il nous a donné la Torah, Il nous l’a véritablement donnée : c’est-à-dire qu’Il nous a donné le pouvoir de trancher les lois de la Torah selon notre compréhension, et cela, à coup sûr, n’a pas été donné aux nations du monde.
Et voici ce qu’écrit « Nahalat Yaakov » :
« ....דהנה בש"ס (ברכות ה א) אמרו:
אמר רבי זירא ואיתימא רבי חנינא בר פפא: בא וראה שלא כמדת הקדוש ברוך הוא מדת בשר ודם, מדת בשר ודם - אדם מוכר חפץ לחבירו, מוכר עצב ולוקח שמח; אבל הקדוש ברוך הוא אינו כן - נתן להם תורה לישראל ושמח, שנאמר: כי לקח טוב נתתי לכם תורתי אל תעזובו. »
(« …Voici que dans le Chass (Berakhot 5a), ils ont dit : Rabbi Zeïra a dit, et certains disent Rabbi ‘Hanina bar Pappa : „Viens et vois que la mesure du Saint béni soit-Il n’est pas comme la mesure de chair et de sang. La mesure d’un humain de chair et de sang est la suivante : lorsqu’un homme vend un objet à son prochain, le vendeur est triste et l’acheteur est joyeux. Mais le Saint béni soit-Il n’est pas ainsi : Il a donné la Torah à Israël et Il est joyeux“, comme il est dit : „כי לקח טוב נתתי לכם תורתי אל תעזובו“ – „Car c’est un bon achat que Je vous ai donné, Ma Torah, ne l’abandonnez pas“. »)
Il ressort de ses paroles que la Torah nous a été donnée afin que nous jugions et décidions selon notre compréhension, et que du Ciel on soit d’accord avec nous. Ainsi, la parabole est conforme au sens profond. Et c’est également ce qu’ils ont voulu dire lorsqu’ils ont déclaré (Avoda Zara 19a) : « מעיקרא תורת ה', וכשלומד בה נקראת תורתו » (« au début, c’est la Torah d’Hachem, et lorsqu’on l’étudie, elle s’appelle sa Torah »), car c’est selon la décision de l’intellect humain que la chose s’établit.
Il ressort, d’après ces paroles merveilleuses, que nous devons reconnaître et apprécier l’ampleur du cadeau que nous avons reçu avec le don de la Torah : nous avons l’étude de la Torah – « כי הם חיינו ואורך ימינו ובהם נהגה יומם ולילה » (« car ils sont notre vie et la longévité de nos jours, et sur eux nous méditerons jour et nuit »), Il nous a donné une part dans l’intériorité de la Torah, et, de plus, le Saint béni soit-Il nous a véritablement donné la Torah pour trancher et fixer la halakha, et selon la décision des Sages d’Israël, ainsi cela sera établi pour toujours.
Au nom de toute l’équipe du site Sheilot, nous vous souhaitons une joyeuse fête de Chavouot et un Chabbat chalom et mévorakh.