Parachat Vaéra – au sujet de la récitation des 13 principes de la foi | Question de la semaine | Demandez au rabbin en ligne - Site SHEILOT

Parachat Vaéra – au sujet de la récitation des 13 principes de la foi

Question

«Chemot, chapitre 6, verset 26» : (כו) «הוּא אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה אֲשֶׁר אָמַר ה' לָהֶם הוֹצִיאוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם עַל צִבְאֹתָם».
Rachi explique pourquoi, dans ce verset, Aharon est mentionné avant Moché, et voici ses paroles :
«יש מקומות שמקדים אהרן למשה ויש מקומות שמקדים משה לאהרן, לומר לך ששקולין כאחד».

On peut objecter : n’est-ce pas en contradiction avec ce qu’Hachem a dit en faisant l’éloge de Moché après sa mort :
(Devarim, chapitre 34, verset 10) : «וְלֹא קָם נָבִיא עוֹד בְּיִשְׂרָאֵל כְּמֹשֶׁה».
De même, c’est l’un des treize principes de foi de l’«Ani Maamin» que nous disons chaque jour : «Je crois d’une foi parfaite que la prophétie de Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, était vraie et qu’il fut le père des prophètes, de ceux qui l’ont précédé comme de ceux qui sont venus après lui».

Selon cela, les paroles de Rachi ci‑dessus sont difficiles à comprendre, car elles semblent contredire ces affirmations : en effet, l’expression «égaux» laisse entendre qu’ils étaient tout à fait au même niveau.

Réponse

Cette question est rapportée par le Chla haKadoch, et, avec l’aide de D., nous présenterons sa démarche, ainsi qu’un enseignement sur l’importance de dire les treize principes de foi le matin, de notre maître le Gaon Rav Amram Fried shlita.

La démarche du Chla haKadoch (chapitre «Tora Or») :
en vérité, il y a une différence entre la période qui précède le don de la Tora et celle qui le suit. Avant le don de la Tora, ils étaient effectivement égaux, au même niveau. Mais après que Moché soit monté vers D.ieu, Moché atteignit un degré plus élevé qu’Aharon, et c’est alors qu’il devint le «père des prophètes».

À ce sujet, le «Kovetz Héarot» sur Yevamot, à la fin du livre, écrit un grand ‘hidouch :
le Rambam, dans les lois de l’impureté de la tsaraat, lorsqu’il expose la gravité de l’interdit de médisance (lachon hara), établit un raisonnement a fortiori à partir de l’épisode de Myriam. Voici ses paroles (Rambam, Hilkhot Toumat Tsaraat, chapitre 16) :
«Il est dit : considérez ce qui arriva à Myriam la prophétesse qui parla de son frère. Elle était plus âgée que lui en années, l’avait élevé sur ses genoux et avait mis sa vie en danger pour le sauver de la mer. Et elle n’a pas parlé pour le dénigrer, mais s’est trompée en le comparant aux autres prophètes. Et il ne s’est pas montré exigeant à son égard pour toutes ces choses, comme il est dit : “L’homme Moché était très humble”. Et malgré tout, elle fut immédiatement punie par la tsaraat. À plus forte raison les gens méchants et sots qui multiplient les paroles hautaines et présomptueuses. C’est pourquoi il convient à celui qui veut diriger ses voies avec droiture de s’éloigner de leur compagnie et de s’abstenir de parler avec eux, afin de ne pas être pris au piège des méchants et de leur folie».

Le «Kovetz Héarot» pose la question : à première vue, ce raisonnement a fortiori est réfutable, car elle n’a pas simplement proféré de la médisance, mais a, semble‑t‑il, exprimé quelque chose qui va à l’encontre des principes fondamentaux de la foi. Comme l’explique le Rambam dans son commentaire sur la Michna, Sanhédrin, chapitre «Héleq», celui qui assimile la prophétie de Moché à celle des autres prophètes «a le statut d’apostat à l’égard de toute la Tora et n’a pas de part au monde futur». C’est donc bien plus grave qu’un simple interdit de médisance, et apparemment ce «qal va’homer» ne tient pas.

On peut encore demander : comment est‑il possible qu’une juste comme Myriam, qui mérita la prophétie, ait pu tenir de tels propos ?
Le «Kovetz Héarot» apporte un grand ‘hidouch : ce principe selon lequel la prophétie de Moché Rabbénou est au‑dessus de toutes les autres, et qu’il est «le père des prophètes», ne fut établi qu’après que Myriam ait parlé de Moché, comme il est dit :
(Bamidbar, chapitre 12, versets 7–8) : (ז) «לֹא כֵן עַבְדִּי מֹשֶׁה, בְּכָל בֵּיתִי נֶאֱמָן הוּא». (ח) «פֶּה אֶל פֶּה אֲדַבֶּר בּוֹ, וּמַרְאֶה וְלֹא בְחִידֹת, וּתְמֻנַת ה' יַבִּיט, וּמַדּוּעַ לֹא יְרֵאתֶם לְדַבֵּר בְּעַבְדִּי בְמֹשֶׁה».
Il ressort de là qu’au moment où Myriam parla, ce verset n’avait pas encore été dit et ce «principe fondamental» de la prophétie de Moché n’était pas encore connu. Ses paroles ne sont donc pas considérées comme une négation d’un des principes de la foi, à D. ne plaise, mais comme de la médisance.

Concernant la récitation quotidienne des treize principes de foi, notre maître le Gaon Rav Amram Fried shlita écrit :
c’est une chose très importante que de dire les treize principes chaque jour, afin de vivre en permanence avec les fondements de la foi.
Et dans le livre «Midrach Pin’has» (de Koretz), il est écrit que c’est une segoula pour une parnassa abondante.

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