Récitation du Kaddich après le début de Pessouké deZimra
Question
À l’attention du Rav,
Je suis en deuil, et à l’endroit où je prie, bien souvent il n’y a pas de Minyan (quorum de 10 personnes) au début de la prière ; le Minyan ne se rassemble qu’au milieu de Pessouké deZimra (louanges d'introduction à la prière).
Il est connu que certains décisionnaires permettent à une personne en deuil d’interrompre au milieu de Pessouké deZimra afin de réciter le Kaddich lorsque le Minyan se rassemble.
Ma question est la suivante : est-il préférable, a priori, d’attendre avant de commencer Pessouké deZimra jusqu’à ce qu’il y ait un Minyan, bien que, de ce fait, je doive généralement écourter Pessouké deZimra afin de pouvoir réciter le Chemona Essré (Amida) avec la communauté ; ou bien est-il préférable de commencer Pessouké deZimra dans l’ordre habituel, et, si nécessaire, de s’interrompre pour la récitation du Kaddich ?
De plus, y a-t-il à cet égard une différence entre le Kaddich Yatom et le Kaddich deRabbanan, ou leur statut est-il identique sur ce point ? Merci beaucoup
Réponse
Shalom Ouvra'ha,
Si un minyan ne s’est rassemblé qu’après que l’on a commencé la bénédiction de « Baroukh chéAmar », il ne faut pas réciter, au milieu de Pessouké deZimra, le Kaddich que l’on a l’habitude de dire avant « Baroukh chéAmar ».
Une personne en deuil d’un parent, durant les onze mois, qui se trouve au milieu de Pessouké deZimra, est autorisée à s’interrompre et à réciter le Kaddich pour son père ou sa mère.
Toutefois, si possible, on le dira entre deux chapitres, ou tout au moins à un endroit où un sujet s’achève. Certains ont écrit que s’il trouvera un autre Minyan pour le réciter, il ne le dira pas.
Source
Voici les termes de notre maître Rav Amram Fried Shlita, dans le feuillet Azamera Lichmekha :
Il est écrit dans le Responsa Pnei Yehoshoua (Ora’h Haïm, siman 5, rapporté dans le Be’er Heitev, siman 53, se’if katan 3, et dans le Cha’arei Techouva, siman 51, se’if katan 2) : « Un groupe qui n’avait pas de Minyan avant Baroukh chéAmar, et qui a commencé à réciter Pessouké deZimra, puis un Minyan s'est formé, il est interdit de réciter le Kaddich au milieu de Pessouké deZimra. » La raison en est que, puisqu’il n’y avait pas de Minyan avant Hodou, ils ne se sont pas trouvés astreints à ce Kaddich ; c’est pourquoi il ne faut pas s’interrompre pour lui au milieu de Pessouké deZimra.
Le Siddour Beit Oved (lois de Pessouké deZimra, lettre 13) a également écrit ainsi, et il en a expliqué la raison : puisque le Kaddich d’avant Houdu n’est qu’une coutume, il ne faut pas s’interrompre au milieu de Pessouké deZimra pour le réciter.
Cependant, le 'Hida (Kesher Godel, siman 7, paragraphes 35-36) a écrit qu’ils peuvent réciter le Kaddich. Et pour en expliquer la raison, on peut dire que, puisque selon le Ari zal (Peri Ets Haïm, Cha’ar HaKaddichim), il relève de l’ordre et de la nécessité de la prière de réciter le Kaddich deRabbanan avant Houdu, il est donc permis de s’interrompre pour cela au milieu de Pessouké deZimra. Toutefois, même selon cela, puisqu’il a déjà récité Baroukh chéAmar, l’élévation nécessaire a déjà été opérée par le Kaddich, et il n’y a plus de réparation dans la récitation du Kaddich (voir Kaf HaHaïm, siman 53,
se’if katan 13, et Chout Rav Pe’alim, deuxième partie, siman 14).
Sources et développements :
Dans le Responsa Maharshag (première partie, siman 48), il a écrit simplement qu’il est permis de s’interrompre dans Pessouké deZimra afin de réciter le Kaddich Yatom ; sa preuve est qu’il est permis de s’interrompre dans Pessouké deZimra par égard pour l’honneur d'une personne [et, pour cette raison, il est permis de s’enquérir
du bien-être de ses parents dans Pessouké deZimra]. Or, puisque la récitation du Kaddich Yatom constitue un honneur rendu à son père et à sa mère après leur décès, il peut s’interrompre afin de le réciter, même au milieu de Pessouké deZimra. Ainsi a également écrit le Responsa Rav Pe’alim (deuxième partie, Ora’h Haïm, siman 14), que s’il ne récite pas le Kaddich pour eux, il apparaîtra aux yeux du public comme négligeant et portant atteinte à l’honneur de ses parents. De même, le Elef HaMagen (sur le Mateh Ephraïm, lois du Kaddich Yatom, cha’ar 4, se’if katan 8) a rapporté au nom des A’haronim qu’une personne en deuil qui se trouve au milieu de Pessouké deZimra récite le Kaddich Yatom, et il a ajouté que, bien qu’il s’agisse d’une grande indulgence que de s’interrompre au milieu de Pessouké deZimra, néanmoins, puisque telle est l’opinion des A’haronim, c’est ainsi qu’il faut agir. Mais il a écrit qu’il lui semble que s’il trouvera ensuite un Minyan où réciter le Kaddich, il ne doit pas s’interrompre au milieu de Pessouké deZimra (voir aussi Chout Levouchei Mordekhaï, première partie, siman 112).
Et ce qui a été expliqué, à savoir qu’il faut le réciter entre les chapitres et, à tout le moins, à un endroit où le sujet s’achève, provient du Mateh Ephraïm susmentionné.