Nœud de tsitsit sur un vêtement de femme
Question
Réponse
Chalom ouvracha
Si le vêtement d’une femme est exempt en lui-même de tsitsit, alors il y aurait effectivement un problème de ta’assé velo min ha’assouy. Mais s’il n’est exempt que lorsque la femme le porte, tandis que si un homme le porte il devient soumis à l’obligation, alors il n’y a pas ici de ta’assé velo min ha’assouy.
A priori, cette question dépend de la controverse entre le Roch et le Rambam au sujet d’un vêtement de nuit que l’on porte le jour : est-il soumis à l’obligation de tsitsit ou non ? Leur divergence porte sur le fait de savoir si l’exemption concerne le vêtement lui-même en raison de sa destination, ou si elle dépend de la réalité concrète du moment où on le porte.
Il en va donc de même ici : on peut débattre pour savoir si le vêtement d’une femme est exempt parce qu’elle-même est exemptée, ou bien parce qu’en raison de la destination du vêtement, il bénéficie d’une exemption générale.
Cependant, le Pri Megadim rapporte que le Hemed Moché s’est demandé si un homme qui porte un vêtement de femme ayant quatre coins est tenu d’y mettre des tsitsit. Le Pri Megadim rapporte que, d’après la formulation du Sifri, il ressort que le vêtement lui-même est exempt. Il y aurait donc, dans ce cas, la règle de ta’assé velo min ha’assouy.
Source
Pri Megadim, Orah Hayim, Eshel Avraham, siman 18, paragraphe 3 :
Dans le Sefer Hemed Moché [ici], il est incertain concernant un vêtement spécialement destiné à une femme : si un homme s’en enveloppe, lui est-il permis de le faire sans tsitsit ? Il cite les paroles des Tossafot [mentionnés plus haut] sur Menahot 41, au nom du Sifri [Bamidbar, début de la section 115] : « אמר ר' יהודה בן בבא ביחוד בטלו חכמים כסות אשה מציצית ולא חייבו אלא מפני שבעלה מתכסה בו » (« Rabbi Yehouda ben Bava a dit : c’est de façon particulière que les Sages ont exempté le vêtement d’une femme des tsitsit, et ils ne l’ont rendu obligatoire que parce que son mari s’en couvre »). Voir là-bas.