Les lois du 9 Av
Les personnes dispensées du jeûne
Un malade qui n’est pas en danger
א. Un malade qui n’est pas en danger, c’est-à-dire une personne alitée ou dont tout le corps est malade et qui ne peut pas fonctionner, est dispensé du jeûne. [1]
Une personne souffrant de migraines
ב. Celui qui souffre de migraines, s’il ressent des maux de tête susceptibles de se transformer en migraine, est dispensé du jeûne.
Forte fièvre
ג. Celui qui a 38°C de fièvre est dispensé du jeûne.
Femme enceinte
ד. Les femmes enceintes doivent jeûner ; toutefois, si la grossesse n’est pas normale ou si le taux d’hémoglobine est bas, elles sont dispensées du jeûne, et il faut consulter une autorité halakhique compétente. [2]
Femme qui allaite
ה. Les femmes qui allaitent doivent jeûner et bien se préparer pendant les deux jours précédant le jeûne en buvant abondamment des boissons sucrées. Après le jeûne également, il est recommandé de boire beaucoup, de préférence des boissons sucrées. Toutefois, si pendant le jeûne le nourrisson risque de manquer de lait et en a besoin, elle boira normalement. [3]
Femme après l’accouchement
ו. Une femme dans les trente jours suivant l’accouchement est dispensée de jeûner, même si elle n’allaite pas. [4]
Mineurs
ז. Les enfants qui n’ont pas atteint l’âge des mitsvot sont dispensés du jeûne. [5]
Viande et sucreries
ח. Même celui qui ne jeûne pas ne mangera pas de viande ni de sucreries. [6]
Les lois du jeûne
Les interdits
ט. Le 9 Av, il est interdit de manger et de boire, de se laver, de s’oindre, de porter des chaussures en cuir, d’avoir des relations conjugales, d’étudier la Torah et de saluer autrui. Ces interdits s’appliquent du coucher du soleil jusqu’à la sortie des étoiles le lendemain. [7]
Les lois du lavage
L’interdit
י. Il est interdit de se laver le 9 Av, que ce soit à l’eau chaude ou froide ; il est même interdit de mettre un doigt dans l’eau. [8]
Enlever de la saleté
יא. Il est permis de se laver afin d’enlever de la saleté. [9]
Un enfant qui s’est sali
יב. Si un enfant s’est sali et qu’il faut le laver, il est permis de le faire, même si les mains de l’adulte se mouillent pendant qu’il lave l’enfant. [10]
Netilat yadayim
יג. Le lavage des mains du matin se fait trois ou quatre fois — chacun selon son usage — seulement jusqu’à la fin des articulations des doigts. [11]
Malade et enfant
יד. Un malade et un enfant, avant de manger du pain, se lavent les mains comme d’habitude, et font également maïm aharonim comme d’habitude. Les Cohanim, avant la bénédiction sacerdotale, se lavent les mains comme d’habitude. [12]
Lavage des yeux
טו. Il est interdit le matin de laver les yeux avec de l’eau afin de les nettoyer ; seulement après s’être essuyé les mains après le lavage du matin, alors qu’elles sont encore légèrement humides, il est permis de les passer sur les yeux. [13]
Rinçage de la bouche
טז. Il n’est permis de se rincer la bouche qu’en cas de grande souffrance ; il faut veiller à pencher la tête vers le bas afin de ne pas avaler d’eau. Il en va de même pour le brossage avec du dentifrice : cela n’est permis qu’en cas de grande souffrance. [14]
Après les besoins
יז. Celui qui a fait ses besoins, grands ou petits, s’il s’apprête maintenant à prier, se lave les mains jusqu’à la fin des articulations des doigts. S’il ne prie pas maintenant, les décisionnaires discutent s’il lui est permis de se laver les mains ; c’est pourquoi, a priori, il touchera des parties couvertes du corps, et alors, selon tous les avis, il pourra se laver les mains. [15]
Lavage des aliments
יח. Lorsqu’on cuisine et qu’il faut laver les aliments, il est permis de les laver même si les mains se mouillent ainsi. De même, il est permis de laver la vaisselle nécessaire à la cuisine du soir. [16]
Une mariée dans les trente jours
יט. Une mariée dans les trente jours suivant son mariage peut se laver le visage afin de ne pas devenir déplaisante aux yeux de son mari. [17]
Les lois de l’onction
Définition
כ. Il est interdit de s’oindre avec de l’huile ou du savon, même sur une partie du corps, pour le plaisir ; il est donc interdit de se maquiller et de se parfumer le 9 Av, sauf pour une mariée dans les trente jours suivant son mariage, afin de ne pas devenir déplaisante aux yeux de son mari. [18]
Pour un besoin médical
כא. L’onction à des fins médicales est permise ; il est donc permis d’appliquer une pommade sur une plaie, un baume sur des lèvres gercées par la sécheresse, et même une pommade contre les moustiques. [19]
Pour enlever une souillure
כב. L’onction destinée à enlever une souillure est permise ; il est donc permis d’utiliser un déodorant pour éviter une mauvaise odeur, car cela n’est pas fait pour le plaisir. Mais si c’est fait pour une bonne odeur, c’est interdit. [20]
Port de chaussures
Définition
כג. Il est interdit de porter des chaussures en cuir, et même si elles ne sont que recouvertes de cuir, c’est interdit. [21]
Chaussures pour enfants
כד. Concernant les chaussures d’un enfant, le Hohmat Adam estime qu’il n’y a pas d’obligation d’éducation le 9 Av dans ce domaine, puisque cela entraîne une souffrance ; cependant, de nos jours, où l’on trouve facilement des chaussures de remplacement qui ne sont pas en cuir, il faut veiller même pour un petit enfant, même s’il n’a pas atteint l’âge de l’éducation, à ce qu’il ne porte pas de chaussures en cuir.
Saluer autrui
Dire « chalom »
כה. Il est interdit de dire « chalom » à son prochain le 9 Av, et il est même interdit de dire « bonjour » [22] ; cependant, bénir son prochain par des expressions comme « réussite » ou « mazal tov » est permis.
Répondre
כו. Aux personnes simples qui ne savent pas et saluent, on répond à voix basse et avec gravité. [23]
Incliner la tête
כז. Il est permis d’incliner la tête en signe de salut.
Ce qu’il est permis d’étudier et de lire le 9 Av
Traité Moed Katan
כח. Il est permis d’étudier le traité Moed Katan, troisième chapitre, ainsi que le Choulhan Aroukh, lois du deuil. [24]
Traité Ta’anit
כט. Il est également permis d’étudier la fin du traité Ta’anit, les lois applicables le 9 Av, ainsi que les lois correspondantes dans le Choulhan Aroukh. [25]
Aggadot de la destruction
ל. De même, les aggadot de la destruction dans les traités Guittin et Sanhédrin peuvent être étudiées — tout ce qui concerne la destruction. [26]
Sujets pénibles
לא. Il est permis de lire le livre Yossipon, ainsi qu’Eikha, le Midrach Eikha et ses commentaires, les passages pénibles de Yirmiyahou en sautant les versets de consolation, ainsi que Iyov et ses commentaires. [27]
Livres sur les calamités
לב. Il est aussi permis de lire des livres sur l’histoire du peuple juif durant les périodes de persécutions diverses, ainsi que des livres sur la Shoah. [28]
Livres de moussar
לג. Il est permis de lire des livres de moussar. [29]
Tehilim
לד. Les décisionnaires discutent s’il est permis de réciter les Tehilim ; on peut être indulgent pour les femmes ou pour un malade. [30]
Durée de l’interdit
לה. Toutes les lois écrites ci-dessus à partir du paragraphe י relèvent du strict din et sont donc interdites pendant toute la journée du 9 Av, depuis le coucher du soleil jusqu’à la sortie des étoiles le lendemain. Plus loin seront expliquées des choses interdites en vertu de l’usage — s’asseoir par terre et l’interdiction du travail — que l’on a coutume d’interdire jusqu’à midi.
La suite traite des coutumes consistant à s’asseoir par terre, de l’interdiction du travail, du talit et des tefilin le 9 Av, des lois à la sortie du jeûne, des lois lorsque le 9 Av tombe Chabbat ou à la sortie de Chabbat, de la havdala pour celui qui mange pendant le jeûne avec permission, et de l’ordre des prières, conformément aux sources citées.