Bénédiction sur une boisson lorsque l’on boit sur une longue durée
Boire petit à petit
yod-daleth Concernant la loi de la bénédiction initiale et finale pour celui qui a l’habitude de boire petit à petit à de longs intervalles, il faut distinguer deux cas :
[Aleph]. S’il boit chaque fois un reviit entier d’un seul coup : il récitera une bénédiction avant chaque boisson et, après celle-ci, une bénédiction finale, même s’il a l’intention de boire encore durant la nuit. Toutefois, s’il a l’intention de boire de nouveau dans le délai de digestion [le délai de digestion pour une boisson n’est pas clair, et en pratique halakhique il semble proche d’une heure], de sorte qu’il ne perd pas l’obligation de la bénédiction finale sur la première boisson, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction finale après la première boisson, et il boit de nouveau sans bénédiction préalable.
[Beth]. S’il boit petit à petit, moins qu’un reviit [de sorte qu’il n’est pas nécessaire de réciter ensuite « Boré Nefachot »], et de même s’il boit une boisson chaude [pour laquelle l’usage est de ne pas réciter ensuite Boré Nefachot]. l’usage répandu est de ne pas réciter une bénédiction avant chaque boisson, mais de réciter une bénédiction au début de la nuit ; elle lui est utile tant qu’il se trouve au même endroit et qu’il a l’intention de boire encore [mais dès qu’il sort du bâtiment, il doit réciter de nouveau la bénédiction, selon la loi du changement de lieu ; et de même, lorsqu’il n’a plus l’intention de boire encore, il doit réciter de nouveau la bénédiction en raison du hesse’h hadaat, détournement d’attention].
Bénédictions du matin pour celui qui est resté éveillé la nuit
Elokaï Nechama
tet-vav Celui qui n’a pas dormi de toute la nuit : selon l’usage ashkénaze, il ne récite pas la bénédiction de « Elokaï Nechama », ni la bénédiction de « Hamaavir Cheina », ni les bénédictions de la Torah, mais l’usage des Séfarades est de réciter toutes les bénédictions [à l’exception de la bénédiction de Al Netilat Yadaïm, comme cela sera expliqué ci-après].
Al Netilat Yadaïm
tet-zayin Concernant la bénédiction de Al Netilat Yadaïm : s’il va aux toilettes avant la prière, selon l’usage ashkénaze on récite Al Netilat Yadaïm et Acher Yatsar tandis que les Séfarades ne récitent aucune bénédiction.
Un Séfarade acquittant un Ashkénaze
yod-zayin D’après ce qui précède, il existe une possibilité de s’acquitter de toutes les bénédictions même lorsqu’il ne se trouve pas de personne ayant dormi la nuit : un Séfarade qui a l’usage de les réciter acquittera les Ashkénazes de toutes les bénédictions mentionnées ci-dessus, puis un Ashkénaze acquittera les Séfarades de la bénédiction de Al Netilat Yadaïm.
Étudier après l’aube avant les bénédictions de la Torah
yod-heth Il faut examiner si, dès le lever de l’aube, on doit s’acquitter des bénédictions de la Torah, et si, sans cela, il serait interdit d’étudier. Il semble permis de continuer à étudier jusqu’à ce qu’il y ait quelqu’un qui puisse l’acquitter, ou jusqu’à ce qu’il prie et s’acquitte par Ahava Rabba, car il n’y a pas d’interdit d’étudier avant la bénédiction de la Torah ; il existe seulement une obligation de réciter une bénédiction avant l’étude. Puisqu’à présent il ne peut pas réciter la bénédiction, il peut étudier. Les Séfarades, qui ont l’usage de réciter eux-mêmes les bénédictions, les réciteront au moment de l’aube [la seconde].
Ablution des mains à l’aube
yod-tet Le moment de l’ablution des mains est immédiatement au lever de l’aube. Il faut se lever de sa place dès que ce moment arrive, bien que beaucoup soient indulgents à ce sujet. Le moment de l’aube pour cette loi est de 72 minutes avant le lever du soleil, et non de 90 minutes.
Les bénédictions « Hamaavir Cheina » et « Elokaï Nechama » après un sommeil de jour lorsqu’il ne les a pas récitées le matin
kaf Celui qui était éveillé la nuit et que l’on n’a pas acquitté de son obligation dans la bénédiction de Hamaavir Cheina, puis qui a dormi pendant la journée : on peut examiner si, dans un tel cas, il pourra réciter les bénédictions du matin même selon les avis qui exigent précisément un sommeil nocturne, car maintenant qu’il n’a pas dormi la nuit, son sommeil principal est celui du jour, et il a l’importance d’un sommeil fixe ; par conséquent, lorsqu’il se réveillera, il pourra réciter les bénédictions de « Elokaï Nechama » et de « Hamaavir Cheina ». Cependant, l’avis du Hazon Ich est que, dans tous les cas, le sommeil de jour a le statut d’un sommeil occasionnel, et il ne faut pas réciter de bénédiction après lui ; en pratique, cela demande examen.
Bénédictions du matin
kaf-aleph Les autres bénédictions du matin, il peut les réciter comme d’habitude.
Manger un kezayit de mezonot après le kiddouch du matin
kaf-beth Ceux qui restent éveillés la nuit de Chavouot et font le kiddouch après la prière, afin d’accomplir la loi du kiddouch à l’endroit du repas, doivent veiller à manger un kezayit de l’aliment mezonot lui-même, et non seulement de sa garniture ou d’autres ajouts. C’est pourquoi, pendant la fête de Chavouot, où l’on a l’habitude de manger des gâteaux au fromage, il faut veiller à ce que le kezayit provienne de la pâte et non de l’ajout.
Bénédiction sur les autres boissons après la bénédiction Hagafen du kiddouch
kaf-guimel La loi de la bénédiction sur les autres boissons, pour celui qui a entendu la bénédiction Hagafen au kiddouch ou qui a lui-même fait le kiddouch, diffère selon que le kiddouch a été fait sur du vin ou sur du jus de raisin, comme cela sera expliqué.
Lorsque le kiddouch est fait sur du vin : il y a trois distinctions halakhiques :
[Aleph]. Celui qui fait le kiddouch et a bu un reviit : il n’a pas besoin de réciter une bénédiction sur les autres boissons qu’il boira ensuite, car la bénédiction Hagafen sur le vin du kiddouch acquitte les autres boissons, puisqu’il a également bu un reviit.
[Beth]. Les auditeurs qui se sont acquittés de leur obligation de kiddouch et ont bu un peu, mais n’ont pas bu un reviit : dans le Biour Halakha la question est laissée dans le doute, à savoir si boire moins qu’un reviit de vin acquitte aussi les autres boissons. C’est pourquoi, a priori, il convient d’acquitter la boisson par une bénédiction Chehakol récitée sur un aliment dont la bénédiction est Chehakol, ou de s’acquitter par l’intermédiaire d’une autre personne qui n’a pas du tout goûté au vin. S’il n’y a personne pour l’acquitter et qu’il n’a pas non plus d’aliment dont la bénédiction est Chehakol pour acquitter les autres boissons, il peut boire sans bénédiction.
[Guimel]. Les auditeurs qui n’ont pas bu du tout : ils sont tenus de réciter une bénédiction sur les boissons qu’ils boivent ensuite, car, puisqu’ils n’ont pas du tout bu du vin, la bénédiction Hagafen qu’ils ont entendue au kiddouch n’acquitte pas les autres boissons.
D’après cela, il faut examiner le cas où il sait qu’il n’y a personne pour l’acquitter et qu’il n’a rien avec quoi acquitter les boissons qu’il veut boire ensuite : puisque la manière la plus accomplie d’accomplir la mitsva est de goûter à la coupe doit-il goûter malgré le fait qu’il entre ainsi dans un doute concernant les bénédictions, où l’on tranche avec indulgence, ou vaut-il mieux ne pas goûter du tout afin de ne pas entrer dans un tel doute concernant les bénédictions.
Lorsque le kiddouch est fait sur du jus de raisin :
La loi est la même pour celui qui a bu un reviit et pour celui qui n’a bu qu’un peu : même celui qui fait le kiddouch et a bu un reviit doit, a priori, acquitter les boissons au moyen d’un aliment, ou trouver quelqu’un d’autre pour l’acquitter, car il existe un doute halakhique quant à savoir si le jus de raisin est considéré comme du vin en ce qui concerne la loi selon laquelle le vin acquitte les boissons. [Et lorsqu’on mélange un quart de verre de vin au jus de raisin, on peut s’appuyer sur le fait que cela est considéré comme du vin dilué, et toute personne qui a bu un reviit a acquitté les boissons].
S’il n’a personne pour l’acquitter et n’a pas non plus d’aliment pour acquitter, on peut boire les autres boissons sans bénédiction, que l’on ait bu un reviit ou seulement un peu, car en cas de doute concernant les bénédictions, on est indulgent.
Cependant, celui qui n’a pas du tout bu du jus de raisin doit évidemment réciter une bénédiction sur les autres boissons, comme expliqué plus haut.
Lehem michné avec des mezonot
kaf-daleth Le Kitsour Choulhan Aroukh écrit que lorsqu’on fait le kiddouch sur des mezonot, il faut prendre lehem michné, c’est-à-dire prendre deux gâteaux entiers et réciter sur eux la bénédiction mezonot après le kiddouch, comme on le fait avec du pain. Toutefois, la halakha n’est pas ainsi.
Oubli de « Yaaleh Veyavo » au repas de fête
kaf-he Si l’on a oublié Yaaleh Veyavo au repas de la fête de Chavouot, les Séfarades ne recommencent pas, et les femmes ne recommencent pas non plus. Concernant les hommes ashkénazes, il faut distinguer deux cas :
[Aleph]. Si, le matin après la prière, il a fait le kiddouch et mangé des mezonot, il faut examiner s’il recommence pour réciter la bénédiction. En effet, toute la raison de recommencer et de réciter la bénédiction est l’obligation de prendre un repas de Yom Tov, et l’obligation du repas impose la mention. Dès lors, puisqu’il a déjà mangé des mezonot, il est possible qu’il ait déjà accompli l’obligation du repas du jour par ce repas de mezonot ; il en résulte que le repas avec Hamotsi n’est pas obligatoire, et il n’est pas tenu de recommencer s’il a oublié d’y mentionner Yaaleh Veyavo. En pratique, voir la note.
[Beth]. S’il n’a pas fait kiddouch le matin : il doit recommencer et réciter la bénédiction.
Sources et citations
18- 1 נחלקו המגן אברהם ושאר אחרונים בדין אדם שאכל או שתה ועבר שיעור עיכול, ודעתו לאכול ולשתות עוד, אם צריך לברך שוב ברכה ראשונה, ולהלכה אין מברך שוב ברכה ראשונה.
- 2 עיין משנה ברורה (סימן קפד ס"ק יז).
- 3 משנה ברורה (סימן מו ס"ק כד) בשם אליה רבה.
- 4 משנה ברורה (סימן מז ס"ק כח).
- 5 שולחן ערוך (סימן ד סעיף יג).
- 6 משנה ברורה (שם ס"ק ל).
- 7 פשטות השולחן ערוך שם.
- 8 עיין משנה ברורה (סימן מו ס"ק כד) בשם השערי תשובה שיצא ידי חובתו מאחר.
- 9 עיין שולחן ערוך (סימן ד סעיף ד).
- 10 עיין ביאור הלכה (סימן נב סעיף א ד"ה ומ"מ) שכתב עצה זו לגבי מי שהתפלל שמונה עשרה קודם שאמר אלקי נשמה.
- 11 עיין שולחן ערוך (סימן רעג סעיף ה).
- 12 שולחן ערוך (סימן קעד סעיף ב).
- 13 שם (ד"ה יין).
- 14 משנה ברורה (שם ס"ק ג).
- 15 כמבואר בתוספות בפסחים (קו, א ד"ה הוה גחין) ובשולחן ערוך (סימן רעא סעיף יד).
- 16 סימן עז סעיף יז.
- 17 עיין שולחן ערוך (סימן קפח סעיף ו) שהצריך לחזור, ואולם בבן איש חי (פרשת חוקת אות כא) ובכף החיים (שם סקכ"ד) כתבו שמנהג בני ספרד שלא לחזור שכן ספק ברכות להקל.
- 18 למעשה ראוי באופן זה שיחזור ויטול ידיו ויאכל כביצה פת ויברך ברכת המזון עם יעלה ויבוא ויפטור בזה גם את האכילה הראשונה, שבזה מוציא עצמו מידי ספק. ואם אינו יכול לאכול עוד, מספק אינו חוזר ומברך, כיון שיש צד שקיים חובת סעודת יום טוב באכילת המזונות, ולכן מספק אינו חוזר ומברך. ואם לא עבר עדיין זמן עיכול מאכילת המזונות חוזר ומברך ברכת המזון, שהרי כל הצד לפוטרו מברכת המזון הוא משום ספק שמא כבר קיים סעודת יום טוב באכילת המזונות, וגם לצד זה הוא מחוייב בברכת המזון על המזונות שעדיין לא ברך עליהם ברכת המזון אלא על המחיה, והרי הוא מחוייב בברכת המזון לכל הצדדים.