Questions halakhiques — médicaments à Pessa’h et tout au long de l’année
Cacherout des médicaments sans goût — pour Pessa’h et toute l’année
Ce guide traite des questions halakhiques liées à la prise de médicaments qui ne possèdent pas de certification spécifique pour Pessa’h ou pour toute l’année, lorsqu’ils peuvent contenir du ‘hamets ou un autre ingrédient interdit. Les principaux sujets abordés sont : un ingrédient interdit présent en minorité ou en majorité dans le mélange ; la règle de noten ta’am lifgam, c’est-à-dire un goût altéré ou désagréable ; le statut d’une substance impropre à la consommation humaine, voire à la consommation d’un chien ; le principe de achshevei, selon lequel le fait de consommer volontairement une chose interdite lui confère une importance alimentaire ; la différence entre comprimés solides et sirops liquides ; et les règles pratiques pour les adultes et les enfants.
Conclusions pratiques concernant les médicaments à Pessa’h
1. Les comprimés à avaler qui n’ont pas de goût sont, selon le strict principe halakhique, permis à Pessa’h, même lorsqu’il existe une crainte de ‘hamets, en particulier en cas de besoin médical. Cela ne s’applique pas automatiquement aux vitamines ou compléments alimentaires lorsqu’ils ne sont pas réellement nécessaires.
2. Les médicaments qui ont un goût nécessitent une vérification de leur statut de cacherout. S’ils contiennent du ‘hamets, ou s’il existe un soupçon de ‘hamets, il faut déterminer si ce ‘hamets est un composant destiné à donner du goût et s’il existe soixante fois son volume dans le mélange.
3. Si un médicament ayant du goût contient du ‘hamets ou un soupçon de ‘hamets et qu’un malade doit le prendre, il convient de le placer avant Pessa’h dans un endroit inclus dans la vente à un non-Juif. Chaque fois qu’il est nécessaire, on le prendra du domaine du non-Juif avec l’intention explicite de ne pas en acquérir la propriété, on l’utilisera, puis on le remettra à sa place.
4. Si l’on achète ce médicament dans une pharmacie ayant effectué la vente du ‘hamets, l’acheteur doit avoir l’intention de ne pas l’acquérir pour lui-même ; il demeure alors propriété du non-Juif, même s’il se trouve physiquement dans sa maison.
Mode d’administration à un nourrisson ou à un enfant
5. Si le médicament est nécessaire à un nourrisson, il est préférable qu’un enfant n’ayant pas encore atteint l’âge de la bar-mitsva le lui donne. Si le patient est lui-même un enfant n’ayant pas encore l’âge des mitsvot et qu’il peut le prendre seul, il le prendra lui-même.
Mode de prise pour un adulte
6. Un adulte qui doit prendre un sirop ayant du goût doit garder le médicament dans le domaine du non-Juif comme expliqué ci-dessus ; chaque fois qu’il en a besoin, il le prendra de ce domaine et rendra son goût amer ou altéré, par exemple en y ajoutant du sel ou un autre élément dégradant le goût, à condition que cela soit médicalement acceptable.
7. Un adulte qui doit prendre un comprimé à avaler ayant du goût doit demander au médecin s’il est possible de le dissoudre. Si cela est possible, il le dissoudra et altérera le goût du liquide. Si cela n’est pas possible, le médicament devra rester dans le domaine du non-Juif, et la prise devra se faire d’une manière qui n’est pas la manière habituelle de manger.
Règles supplémentaires
Sirops contenant du ‘hamets comme ingrédient aromatisant : un adulte devra en altérer le goût avant de les prendre et les conserver dans le domaine du non-Juif. Pour un jeune enfant, il existe parfois davantage de motifs d’indulgence, notamment si l’enfant prend le médicament lui-même ou si un autre enfant n’ayant pas encore l’âge des mitsvot le lui administre.
Sirops dans lesquels le ‘hamets n’est pas un ingrédient aromatisant : s’il y a soixante fois contre le ‘hamets et que le mélange a été préparé avant Pessa’h, il y a lieu de permettre à un malade de prendre ce médicament, en s’appuyant sur les avis selon lesquels le ‘hamets est annulé et ne « se réveille » pas de nouveau à Pessa’h.
Sirops dont le goût est désagréable pour la majorité des personnes : si la majorité des gens n’aiment pas ce goût, on peut envisager de le considérer comme noten ta’am lifgam et de l’autoriser à ceux pour qui ce goût est également désagréable. Si la majorité des gens l’apprécient, il est interdit même à ceux qui, personnellement, ne l’aiment pas.
Comprimés à sucer, comprimés à mâcher et comprimés à placer sous la langue : ils nécessitent une vérification particulière. Parfois, il est possible de les avaler entiers, de les dissoudre dans l’eau avant Pessa’h lorsqu’il y a soixante fois contre le ‘hamets, ou de les dissoudre pendant Pessa’h en ajoutant une substance amère ; mais cela doit être validé par un médecin.
Pommades et gels ayant du goût et placés dans la bouche : dans de nombreux cas, ils sont permis, car ils sont destinés au traitement et non à l’alimentation, et leur forme a été fondamentalement modifiée.
Règle générale : si les composants d’un médicament ne sont pas connus, l’autorité halakhique doit d’abord vérifier s’il contient du ‘hamets certain ou seulement un doute de ‘hamets ; si le ‘hamets est destiné à donner du goût ; et s’il existe soixante fois contre lui. Sans ces informations, il est impossible de rendre une décision pratique exacte.