Chapitre 10. Lois de la veille de Pessa’h qui tombe Chabbat
[Les prochaines années où la veille de Pessa’h tombera Chabbat sont : 5785, 5805, 5808, 5812, 5832]. Pour les lois de « yaknehaz » ces années-là, voir les lois de « yaknehaz »].
La dracha de Chabbat HaGadol
1.
La dracha de Chabbat HaGadol est prononcée le Chabbat proche de Pessa’h ; et dans une année où Pessa’h commence à la sortie de Chabbat, on la prononce le Chabbat précédent, qui tombe le 7 Nissan
[1]
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Avancer le jeûne des premiers-nés
2.
Lorsque la veille de Pessa’h tombe Chabbat, on avance le jeûne et les premiers-nés jeûnent le jeudi 12 Nissan
[2]
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Goûter avant la bedikat ‘hamets
3.
Celui à qui il est difficile de rechercher le ‘hamets le jeudi soir (la nuit du 13) sans manger est autorisé à goûter quelque chose avant la vérification
[3]
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Cha’harit le vendredi (13 Nissan)
4.
Le vendredi, on prie Cha’harit comme d’habitude, et l’on dit « Mizmor LeToda » et « LaMenatséa’h ». Bien que, dans une année ordinaire, le Maharil ait écrit
[4]
qu’il faut avancer la prière de Cha’harit la veille de Pessa’h afin d’avoir le temps de manger avant la fin du temps où il est permis de consommer du ‘hamets, lorsque Pessa’h commence à la sortie de Chabbat, cette loi ne s’applique qu’au Chabbat et non au vendredi, car le vendredi il est permis de manger du ‘hamets toute la journée.
La destruction du ‘hamets le vendredi
5.
Même dans une année où le 14 Nissan tombe Chabbat, de sorte que le moment principal de l’interdiction du ‘hamets et de sa destruction se trouve être Chabbat, il est bon de détruire le ‘hamets le vendredi avant la fin de l’heure de destruction du ‘hamets, comme les autres années, afin que l’on n’en vienne pas à se tromper une autre année. On détruira tout le ‘hamets en sa possession et ne laissera que le ‘hamets que l’on souhaite manger pendant Chabbat
[5]
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Le texte d’annulation ne sera pas récité au moment de la combustion, comme chaque année, mais on le dira le Chabbat avant la fin du temps de destruction du ‘hamets [6]. Concernant la manière de détruire le ‘hamets le Chabbat, le 14, voir ci-dessous.
Travaux le vendredi
6.
Il est permis d’effectuer un travail, de laver du linge et de se couper les cheveux ce vendredi-là, puisqu’il ne s’agit pas de la véritable veille de Pessa’h ; par conséquent, les lois relatives au lavage du linge, à la coupe de cheveux et à l’interdiction du travail sont comme celles des autres veilles de Chabbat
[7]
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Manger de la matsa le vendredi
7.
Ceux qui ont l’habitude de manger de la matsa chaque année jusqu’à la veille de Pessa’h sont également autorisés, dans une année où Pessa’h commence à la sortie de Chabbat, à manger de la matsa le vendredi et le vendredi soir.
Préparer le zeroa avant Chabbat
8.
Il faut griller le zeroa de la nuit du Séder le vendredi. Si l’on a oublié de le griller le vendredi, il est permis de le griller la nuit du Séder seulement si on le mangera le lendemain de la nuit du Séder [pendant Yom Tov] ; toutefois, la nuit du Séder, il ne faut pas manger le zeroa, car on ne mange pas de viande grillée la nuit du Séder
[8]
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Préparer l’œuf et le ‘harosset avant Chabbat
9.
Il faut cuire et griller l’œuf le vendredi ; si l’on a oublié, on le cuira et le grillera la nuit du Séder, et il faut le manger la nuit du Séder ou le lendemain, pendant Yom Tov [car ce que l’on ne mange pas grillé la nuit du Séder ne concerne que la viande, et non les autres aliments]. De même, il faut préparer le ‘harosset le vendredi ; toutefois, le vin peut être ajouté même la nuit du Séder, car le pétrissage est permis pendant Yom Tov et il n’y a pas d’interdit de colorer les aliments
[9]
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Porter les vêtements de fête
10.
Les vêtements de fête doivent être portés dès le vendredi ; on peut aussi les mettre pendant Chabbat même, alors qu’il fait encore grand jour, si l’on craint qu’en les portant dès le vendredi ils ne se salissent avec du ‘hamets.
Immersion en l’honneur de Chabbat et de Yom Tov
11.
L’immersion du vendredi est valable également pour Yom Tov. Si l’on s’immerge le Chabbat après-midi, il n’y a pas en cela d’interdit de préparation.
La destruction du ‘hamets le Chabbat — veille de Pessa’h
12.
Beaucoup ont l’usage, lors du repas du soir et du matin de Chabbat, de manger des pitas qui ne laissent pas de miettes, et de manger sur une nappe jetable ; ensuite, ils secouent les miettes de la nappe dans les toilettes ou la baignoire, puis mangent les autres plats avec de la vaisselle jetable (ou de la vaisselle de Pessa’h)
[10]
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Les repas de Chabbat
13.
A priori, il faut réussir à manger deux repas le matin de Chabbat. Il convient donc de prier tôt, de prendre le repas de Chabbat de bonne heure et de réciter Birkat HaMazon vers 8h30, puis, pendant une demi-heure, d’aller étudier ou se promener ; ensuite on se lavera les mains et l’on prendra un autre repas [le troisième], qui devra se terminer avant la fin du temps où il est permis de manger du ‘hamets. Les communautés séfarades n’ont pas cet usage : elles prennent un seul repas. De même, celui à qui il est difficile de diviser le repas en deux peut se contenter d’un seul repas le matin ; l’après-midi, il priera Min’ha Guedola et prendra un repas supplémentaire [le troisième] composé de viande, de poisson ou de fruits, jusqu’à la dixième heure. S’il n’a pas eu le temps de manger avant la dixième heure, il mangera un peu de viande, de poisson ou de fruits après la dixième heure, mais ne s’en rassasiera pas ; il est également permis de manger un peu de légumes et d’œufs, mais il ne mangera pas de céréales, par exemple un plat à base de matsa, même en petite quantité
[11]
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Autres manières de détruire le ‘hamets pendant Chabbat
14.
Du ‘hamets resté sur des assiettes jetables, sur la nappe, etc. : s’il s’agit de miettes que l’on peut secouer dans les toilettes ou la baignoire, il faut le faire ; puisqu’elles sont entièrement évacuées, cela constitue une destruction selon tous les avis. On peut également les jeter [dans un endroit où il y a un érouv sur lequel on peut s’appuyer] dans une poubelle publique ; mais il est interdit de les jeter dans la poubelle de l’immeuble, sauf selon l’une des manières suivantes : s’il n’y a pas un kazayit dans chaque morceau, il suffit de verser sur le ‘hamets une substance qui le rend impropre [car pour des miettes inférieures à un kazayit, il suffit qu’elles soient souillées pour être considérées comme détruites
[12]
; et s’il y a un kazayit, il faut les rendre impropres même à la consommation d’un chien
[13]
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Le’hem michné
15.
On peut joindre une matsa pour le le’hem michné, bien qu’il soit interdit de la manger la veille de Pessa’h. Toutefois, celui qui possède des matsot spéciales pour la nuit du Séder doit craindre qu’il soit interdit de les déplacer, car elles sont mouktsé en raison d’une perte financière
[14]
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Seouda chelichit
16.
A priori, le matin du Chabbat, il faut manger deux repas ; en plus de cela, on mangera la seouda chelichit après ‘hatsot avec de la viande et du poisson. A priori, on priera Min’ha avant le repas ; si l’on n’a pas de viande ni de poisson, on mangera des fruits
[15]
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Si l’on n’a pas la possibilité de manger du pain
17.
Il n’est pas possible de prendre la seouda chelichit avec du pain, puisque la consommation de ‘hamets est interdite ; et il n’est pas possible de manger de la matsa, puisqu’il est interdit de manger de la matsa la veille de Pessa’h. Toutefois, selon la loi stricte, il est permis de manger de la matsa cuite, des kneidlach et des biscuits pétris avec de la farine de matsa jusqu’à la dixième heure
[16]
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Selon cette opinion, on peut accomplir la seouda chelichit avec ce qui précède jusqu’à la dixième heure, mais certains sont rigoureux à ce sujet.
Un plat à base de matsa
18.
À partir de la dixième heure, il est interdit de manger même un peu d’un plat à base de matsa, afin que l’on mange la matsa avec appétit. Il est permis de manger un peu de fruits et légumes, de pommes de terre, de viande, de poisson et d’œufs, mais on ne s’en rassasiera pas
[17]
.
Allumage des bougies de Yom Tov à la sortie de Chabbat
19.
Les bougies de Yom Tov ne doivent être allumées qu’après la tombée de la nuit, et la femme doit dire avant l’allumage : « Baroukh hamavdil bein kodech lekodech »
[18]
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Retirer les restes de la mèche
20.
Concernant le retrait de la mèche restée des bougies de Chabbat afin de préparer les bougies de Yom Tov : selon la loi stricte, il est permis de retirer la mèche même à la main pour l’allumage des bougies de Yom Tov. La raison est qu’il n’y a pas en cela d’interdit de mouktsé, puisque l’allumage de la bougie est considéré comme un besoin lié à la nourriture, et il est permis de déplacer du mouktsé pour un besoin lié à la nourriture. Cependant, de nos jours où l’on dispose de la lumière électrique, il n’est pas si évident de le considérer comme un besoin lié à la nourriture ; c’est pourquoi, a priori, il vaut mieux retirer la mèche à l’aide d’une cuillère, d’une fourchette ou autre. On peut aussi ajouter de l’huile et une nouvelle mèche dans les godets sans retirer l’ancienne mèche
[19]
.
Travail à la sortie de Chabbat — nuit de Yom Tov
21.
Même après la tombée de la nuit à la sortie de Chabbat, il ne faut pas accomplir les travaux permis pendant Yom Tov avant d’avoir dit : « Baroukh hamavdil bein kodech lekodech ». Il est interdit de manger avant le kiddouch [20].
Préparer la table
22.
Il est interdit de dresser la table et de disposer les sièges d’accoudement pendant Chabbat ; on ne le fera qu’après la sortie de Chabbat. Si l’on n’a pas prié Arvit et que l’on n’a pas dit « Vatodi’énou », il faut dire après la sortie de Chabbat : « Baroukh hamavdil bein kodech lekodech », puis il est possible de faire les préparatifs nécessaires pour la nuit du Séder. Il est également permis d’accomplir les travaux liés à la préparation de la nourriture qui sont permis
[21]
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Transporter le ma’hzor
23.
Il ne faut pas apporter le ma’hzor de Pessa’h pendant Chabbat de la maison à la synagogue ; il faut l’apporter avant Chabbat ou après la sortie de Chabbat. Si on l’apporte pendant Chabbat [dans un endroit où il y a un érouv], il faut l’utiliser et y lire pendant Chabbat même
[22]
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Ajouter un mets au repas de la nuit du Séder
24.
Certains disent qu’il faut ajouter un mets particulier au repas de la nuit du Séder au titre du repas de mélavé malka
[23]
, mais tel n’est pas l’usage.
[1] Michna Broura (siman 430, se’if katan 2).
[2] Choulhan Aroukh (siman 470, se’if 2).
[3] Michna Broura (là-bas, se’if katan 6).
[4] Cité dans la Michna Broura (siman 429, se’if katan 13).
[5] Choulhan Aroukh (siman 444, se’ifim 1 et 2).
[6] Choulhan Aroukh (ibid.) et Michna Broura (se’if katan 10).
[7] Choulhan Aroukh (siman 251, se’if 1).
[8] Michna Broura (siman 473, se’if katan 32).
[9] Choulhan Aroukh (siman 506 et siman 504).
[10] Choulhan Aroukh (siman 444, se’if 4).
[11] Choulhan Aroukh (siman 444, se’if 1) et Michna Broura (se’if katan 8).
[12] Michna Broura (siman 442, se’if katan 33).
[13] Choulhan Aroukh (siman 444, se’if 4).
[14] Pri Megadim (Eshel Avraham, siman 444, se’if katan 1).
[15] Michna Broura (siman 444, se’if katan 8).
[16] Choulhan Aroukh (siman 471, se’ifim 1 et 2).
[17] Choulhan Aroukh (ibid., se’if 1).
[18] Choulhan Aroukh (siman 299, se’if 10) et Michna Broura (se’if katan 36).
[19] Choulhan Aroukh (siman 509, se’if 7) et Michna Broura (siman 308, se’if katan 115).
[20] Michna Broura (siman 299, se’if katan 36).
[21] Choulhan Aroukh (siman 323, se’if 6).
[22] Michna Broura (siman 667, se’if katan 5).
[23] Comme il est expliqué dans la Michna Broura (siman 419, se’if katan 2) au sujet de Roch ‘Hodech qui tombe Chabbat.