Chapitre 9. Les lois de la veille de Pessa’h
-- Consommation de matsa la veille de Pessa’h --
L’interdiction
Il est interdit de manger de la matsa la veille de Pessa’h. La matsa cuite, les kneidlach et les biscuits pétris avec de la farine de matsa sont, selon la loi stricte, permis à la consommation jusqu’à la dixième heure, mais certains se montrent rigoureux à ce sujet
[1]
.
Plat à base de matsa
À partir de la dixième heure ]une demi-heure avant l’heure de min’ha ketana[, il est interdit de manger même un peu d’un plat à base de matsa, afin que l’on mange la matsa avec appétit. Il est toutefois permis de manger un peu de fruits, de légumes, de pommes de terre, de viande, de poisson ou d’œufs, mais on ne s’en rassasiera pas
[2]
.
Un enfant mineur
Un enfant mineur qui ne comprend pas encore ce que l’on raconte la nuit dans le récit de la sortie d’Égypte, il est permis de lui donner de la matsa [c’est environ jusqu’à l’âge de 5 ans]
[3]
.
-- Travail la veille de Pessa’h après midi --
L’interdiction
A.
Il est interdit d’effectuer un travail la veille de Pessa’h après midi. Lorsqu’on le fait contre rémunération, même un travail non achevé est interdit, et même pour les besoins de Yom Tov ; gratuitement, seul un travail complet, comme coudre un vêtement, est interdit
[4]
.
Réparation de vêtements
B.
Bien que la couture soit interdite, réparer gratuitement de vieux vêtements est permis comme d’habitude
[5]
.
S’il a commencé avant midi
C.
S’il a commencé un travail avant midi, il doit s’arrêter immédiatement à midi, même au milieu du travail.
Par l’intermédiaire d’un non-Juif
D.
Tous les travaux sont permis par l’intermédiaire d’un non-Juif
[6]
.
Travaux permis à ‘Hol HaMoed
E.
Tous les travaux permis à ‘Hol HaMoed, par exemple éviter une perte irréversible ou effectuer un acte simple non professionnel pour les besoins de la fête, ainsi que les besoins collectifs, sont également permis la veille de Pessa’h après midi
[7]
.
Lessive et coupe de cheveux
F.
Il est interdit de laver du linge et de se faire couper les cheveux après midi ; par l’intermédiaire d’un non-Juif, c’est permis
[8]
.
Repassage
G.
Un repassage ordinaire est permis jusqu’à l’entrée de la fête, même par un Juif. Un repassage professionnel qui crée des plis est interdit.
Par soi-même
H.
Il est permis de se couper soi-même les cheveux de la tête, car c’est fait d’une manière inhabituelle ; en revanche, se raser la barbe est interdit même par soi-même
[9]
. Pour une femme, l’épilation est permise sur tout le corps, à l’exception des cheveux de la tête
[10]
.
Lessive en machine
Il est permis de mettre en marche une machine à laver avant midi, même si elle continue à fonctionner après midi.
Coupe des ongles
I.
A priori, il faut les couper avant midi ; si l’on a oublié ou que l’on n’a pas eu le temps, on peut les couper après midi
[11]
.
Immersion la veille de la fête
J.
Il faut s’immerger la veille de Pessa’h après midi, et il est possible d’avancer l’immersion même à une heure avant midi
[12]
.
-- Allumage des bougies --
La mitsva
K.
C’est une mitsva d’allumer les bougies de Yom Tov
[13]
. Certains ont l’usage de les allumer la veille de Yom Tov, et d’autres ont l’usage de les allumer peu avant le repas de fête. Celui qui n’a pas d’usage établi devra les allumer la veille de Yom Tov
[14]
.
Chéhé’héyanou
L.
Certaines femmes ont l’usage de réciter « Chéhé’héyanou » au moment de l’allumage des bougies, et d’autres ont l’usage d’entendre ou de dire « Chéhé’héyanou » lors du kiddouch. Celle qui n’a pas d’usage établi entendra ou récitera « Chéhé’héyanou » au moment du kiddouch
[15]
.
Celles qui ont l’usage de réciter « Chéhé’héyanou » au moment de l’allumage des bougies, si elles font elles-mêmes le kiddouch, ne disent pas « Chéhé’héyanou » dans le kiddouch. Si elles entendent le kiddouch de leur mari ou d’autres personnes, si elles ne boivent pas de la coupe, elles répondront amen à la bénédiction de « Chéhé’héyanou » ; et si elles boivent — il y a lieu de s’interroger si elles peuvent répondre amen après la bénédiction de « Chéhé’héyanou » puis boire de la coupe. Le fondement du doute est le suivant : puisqu’elles se sont déjà acquittées de l’obligation de « Chéhé’héyanou », répondre amen pourrait être considéré comme une interruption dans le kiddouch, et il leur faudrait alors réciter une bénédiction sur la boisson de la coupe, conformément à la règle de celui qui s’interrompt entre la bénédiction de celui qui récite le kiddouch et la boisson ; ou peut-être le fait de répondre amen n’est-il pas considéré comme une interruption. En pratique, il semble qu’elles doivent répondre amen [en particulier parce que, dans la bénédiction de Chéhé’héyanou du kiddouch, on pense à toutes les mitsvot de la nuit] [16] .
[1]
Choulhan Aroukh (siman 471, sé’if 2).
[2]
Ibid. (sé’if 1).
[3]
Ibid. (sé’if 2).
[4]
Choulhan Aroukh (siman 468, sé’if 2).
[5]
Ibid.
[6]
Choulhan Aroukh (siman 468, sé’if 1).
[7]
Michna Broura (ibid., sé’if katan 7).
[8]
Choulhan Aroukh (ibid., sé’if 7) et Michna Broura (sé’if katan 5).
[9]
Choulhan Aroukh (Yoré Dé’a, siman 399, sé’if 3) et Chakh (sé’if katan 12).
[10]
Choulhan Aroukh (siman 546, sé’if 5).
[11]
Michna Broura (siman 468, sé’if katan 5).
[12]
Michna Broura (siman 471, sé’if katan 22, et siman 128, sé’if katan 165).
[13]
Choulhan Aroukh (siman 514, sé’if 11).
[14]
Maté Ephraïm (siman 625, sé’if 33, et siman 599, sé’if 10), Elef LaMaté (siman 625, sé’if katan 51), et Pri Mégadim (Michbetsot Zahav, siman 260, sé’if katan 3) ; ainsi était également l’usage dans la maison du ‘Hazon Ich
et du Kehilot Yaakov.
[15]
Michna Broura (siman 263, sé’if katan 23) ; voir aussi Maté Ephraïm (siman 581, sé’if 54).
[16]
Voir Chout Har Tsvi (siman 154).