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Les lois de Tou BiChevat

Les lois de priorité dans les bénédictions

La priorité
a. Les lois de priorité dans les bénédictions s’appliquent lorsqu’une personne a devant elle deux aliments et souhaite les manger tous deux maintenant. Si les aliments ne sont pas devant elle, même si elle a l’intention de les apporter, elle peut réciter la bénédiction sur l’aliment qui se trouve devant elle et n’a pas besoin d’apporter l’autre aliment, même si la bénédiction de cet autre aliment a priorité. De même, pour des aliments que les gens ont l’habitude de consommer dans un certain ordre, par exemple un repas qui commence par du poisson et se poursuit avec du riz et des pommes de terre, ou si l’on mange des légumes cuits puis ensuite de la compote, dans ces cas, même si la bénédiction des aliments consommés plus tard est préférable du point de vue des lois de priorité, il n’est pas nécessaire de les faire passer avant.

L’ordre des qualités
a. La priorité dans les bénédictions est déterminée selon la qualité des aliments, et il existe cinq qualités concernant les bénédictions : a. Une bénédiction plus précise (par exemple : la bénédiction « Boré peri ha’ets », qui n’acquitte que les fruits, est plus précise que la bénédiction « Chéhakol », qui acquitte toute chose). b. Un aliment des sept espèces. c. Un aliment entier. d. Un aliment préféré. e. Un aliment plus grand. Plus loin, il sera expliqué comment agir lorsqu’une qualité s’oppose à une autre, par exemple si l’on a devant soi des fruits dont l’un est des sept espèces et l’autre est préféré, ou si l’un requiert la bénédiction « Mézonot » et l’autre est entier.

Définition de « préféré »
b. Les Richonim ont divergé quant à la définition de « préféré » : s’agit-il de l’espèce qu’il préfère toujours de manière générale, ou de celle qu’il préfère à ce moment-là ? En pratique, le Choulhan Aroukh tranche que l’on suit l’espèce qu’il préfère généralement (et si les deux lui sont également préférées, mais qu’à présent il en préfère une, il la fera passer en premier).

A posteriori
c. Toutes les lois de priorité concernent le lekhathila, la conduite à suivre a priori ; toutefois, a posteriori, si l’on a d’abord récité la bénédiction sur un aliment qui aurait dû être retardé, avec l’intention d’acquitter par sa bénédiction l’aliment plus important, on est quitte. En revanche, si l’on a récité une bénédiction sur un aliment puis que l’on veut ensuite manger un aliment plus important, la première bénédiction n’acquitte pas l’aliment plus important, à moins que l’on ait pensé l’acquitter au moment de la bénédiction (de même, si l’on a récité la bénédiction sur des raisins alors qu’une olive se trouvait aussi devant soi, l’olive n’est pas acquittée par la bénédiction sur les raisins).

L’ordre de priorité : MAGA ECH
e. Si plusieurs sortes d’aliments dont les bénédictions ne sont pas identiques se trouvent devant lui, l’ordre de priorité dans les bénédictions est : « Mézonot », « HaGuefen », « HaEts », « HaAdama » et « Chéhakol ». Le moyen mnémotechnique est : MAGA ECH. La raison de cet ordre est fixée d’après les formulations des bénédictions : plus la bénédiction est particulière et précise, plus elle est préférable à une autre.

L’ordre de MAGA ECH face à une des sept espèces, à l’entier et au préféré
La qualité de la formulation particulière de la bénédiction a plus d’importance que toutes les autres qualités. C’est pourquoi, si l’on a devant soi un morceau de cracker à base de farine d’épeautre et une datte qui possède toutes les autres qualités — elle fait partie des sept espèces, elle est entière, elle lui est préférée et elle est plus grande — dans tous les cas, la qualité de la bénédiction l’emportera, et l’on récitera d’abord « Mézonot » sur le cracker.

Exception à l’ordre de MAGA ECH — une espèce de la terre préférée à une espèce de l’arbre
f. Il existe une exception à l’ordre des bénédictions de MAGA ECH : lorsqu’une personne a devant elle deux aliments, l’un dont la bénédiction est « HaEts » et l’autre dont la bénédiction est « HaAdama » — si l’espèce de la terre lui est davantage préférée, elle passe en premier. Cependant, dans ce cas, il faut que cette espèce soit préférée à la fois de manière générale et à ce moment-là ; mais si l’espèce de la terre est généralement préférée alors qu’à présent le fruit de l’arbre est plus préféré, ou l’inverse — généralement le fruit de l’arbre est plus préféré et ce n’est que maintenant que l’espèce de la terre lui est préférée — il récitera d’abord la bénédiction sur l’espèce de l’arbre.

Entier et préféré
g. Si l’on a devant soi un aliment dont la bénédiction est « HaEts » et un autre dont la bénédiction est « HaAdama », et que chacun possède une qualité différente, il y a lieu de s’interroger sur l’ordre : préféré, sept espèces, entier ; ou bien — entier, préféré, sept espèces. Certains disent que seule la qualité de « préféré » détermine la priorité, et si les deux sont également préférés, il fera passer en premier celui qu’il souhaite.

Les sept espèces
h. Si plusieurs sortes d’aliments dont la bénédiction est identique se trouvent devant lui, il récitera la bénédiction sur l’aliment qui fait partie des sept espèces. S’il n’y a pas d’aliment des sept espèces, il récitera la bénédiction sur l’aliment entier. S’il n’y a pas d’aliment entier, il récitera la bénédiction sur l’aliment préféré ; et s’il n’y a pas d’aliment préféré, il récitera la bénédiction sur le plus grand. Le moyen mnémotechnique est ZChHG (sept espèces, entier, préféré, grand).

Celui qui est proche de « terre »
h. Si plusieurs sortes de fruits des sept espèces se trouvent devant lui, il récitera d’abord la bénédiction sur l’espèce la plus proche du mot « terre » dans le verset « ארץ חטה ושעורה וכו » — « un pays de blé et d’orge, etc. ». L’ordre des espèces est : olive, datte, raisin, figue, grenade.

Du blé qui n’a pas été moulu
i. Celui qui a devant lui des fruits des sept espèces et du blé soufflé — « chalva » — si la chalva lui est davantage préférée, il la fera passer en premier.

Priorité dans la consommation
j. La loi de priorité ne concerne que le fait de faire précéder la bénédiction, mais elle ne fixe pas l’ordre de consommation. Par exemple, si l’on a devant soi trois sortes de fruits : l’un des sept espèces, l’un entier et l’un coupé — on récitera d’abord la bénédiction sur l’espèce des sept espèces, comme indiqué ci-dessus ; mais après avoir récité la bénédiction et mangé du fruit qui fait partie des sept espèces, il n’est pas nécessaire de manger d’abord le fruit entier, et l’on peut manger d’abord le fruit coupé si on le souhaite.

Autres qualités
k. Les décisionnaires mentionnent d’autres qualités permettant de faire précéder une bénédiction, qui viennent après les qualités d’importance mentionnées plus haut ; et lorsqu’il n’y a pas les qualités susmentionnées (c’est-à-dire que les deux aliments devant lui sont également préférés, qu’ils sont tous deux entiers, de taille identique, etc.), il faut faire passer en premier selon ces qualités.

Aliment et boisson
l. Un aliment et une boisson dont la bénédiction est identique : selon le strict droit, l’aliment ne précède pas la boisson, mais il y a une qualité à faire précéder le fait de manger au fait de boire.

Doutes concernant la priorité
m. Il a été expliqué plus haut que celui qui a devant lui deux sortes de fruits — l’un des sept espèces et l’autre préféré — récite la bénédiction sur le fruit des sept espèces. Il a encore été expliqué que celui qui a devant lui un fruit et un légume, et que le légume est préféré, récite la bénédiction sur le légume même si le fruit fait partie des sept espèces.

La coutume de nourrir les oiseaux lors de Chabbat Chira
n. Il ne faut pas nourrir les colombes le Chabbat ; il faut plutôt leur déposer de la nourriture depuis la veille de Chabbat.



a. Choulhan Aroukh (siman 211, sé’if 5), Michna Broura (sé’if katan 1 et sé’if katan 31) et Cha’ar HaTsiyoun (sé’if katan 20), ainsi que Choulhan Aroukh (siman 168, sé’if 1) et Michna Broura (sé’if katan 5).
b. Ainsi est-il rapporté dans Hilkhot Berakhot du Ritva (chapitre 3, sé’if 9) et dans Kaf Ha’Haïm (là-bas, sé’if katan 5) au nom de Halakhot Ketanot.
c. Siman 211, sé’if 1.
d. Choulhan Aroukh (là-bas, sé’if 5) ; voir Michna Broura (sé’if katan 32, 33). Dans Aroukh HaChoulhan (sé’if 16), il est écrit que celui qui ne connaît pas la loi est, en général, considéré comme s’il avait explicitement l’intention.
e. Choulhan Aroukh (là-bas, sé’if 3).
f. Choulhan Aroukh (là-bas) et Michna Broura (sé’if katan 18).
g. Choulhan Aroukh (là-bas, sé’if 1), Michna Broura (sé’if katan 4, 2) et Cha’ar HaTsiyoun (sé’if katan 8).
h. Choulhan Aroukh (là-bas, sé’if 4).
i. Dans le Choulhan Aroukh (là-bas, sé’if 5), il a retenu que le blé et l’orge précèdent les autres fruits des sept espèces uniquement lorsqu’on en a fait un plat cuit ou du pain dont la bénédiction est Hamotsi ou Mézonot ; il en ressort qu’il faut les faire précéder aussi en raison de la qualité de leur bénédiction, même s’ils n’étaient pas des sept espèces. Mais si l’on croque du blé, dont la bénédiction est Boré peri ha’adama, il y écrit qu’il ne faut pas le faire passer avant une espèce de l’arbre. De nos jours, on trouve couramment du blé soufflé — « chalva » — dont le statut est celui du blé consommé en le croquant, comme expliqué plus haut (siman 208, sé’if 4). La Michna Broura (siman 211, sé’if katan 9, 18, 27) écrit que du Maguen Avraham il ressort que cette loi ne s’applique précisément que si l’espèce de l’arbre lui est plus préférée ; mais si leur préférence est égale, il faut faire passer le blé avant les autres sept espèces, bien qu’il le mange en le croquant. Selon ses paroles, celui qui a devant lui de la chalva et une datte : si la datte est préférée, il la fera passer en premier ; et si leur préférence est égale, il fera passer la chalva en premier, bien que sa bénédiction soit Boré peri ha’adama. Toutefois, l’avis du Gra (là-bas) est que lorsque leurs bénédictions ne sont pas identiques, il n’existe aucune loi de priorité en dehors de la préférence. C’est pourquoi nous avons écrit que si la chalva lui est préférée, il la fera passer en premier, car telle est la loi selon tous les avis ; mais si leur préférence est égale, nous entrons dans la controverse entre le Maguen Avraham et le Gra quant à savoir s’il existe une loi de priorité des sept espèces lorsque leurs bénédictions ne sont pas identiques.
j. Ainsi semble-t-il ressortir de la Michna Broura (siman 211, sé’if katan 10).
k. Birkat HaBayit (cha’ar 13, sé’if katan 7).
l. Kaf Ha’Haïm (là-bas, sé’if katan 7).
m. On le rapporte au nom du Hatam Sofer, et ainsi figure dans les Hidouché HaRim (sur la Torah, sujets de Chabbat).
n. Peri Megadim (introduction aux lois des bénédictions, sé’if katan 8).
o. Aroukh HaChoulhan (siman 211, sé’if 17), selon lequel manger précède boire.
p. Michna Broura (siman 324, sé’if katan 31).