Raconter sa Tsédaka — cela annule-t-il le don ?
Question
Il est écrit que celui qui parle de la Tsédaka (charité) qu’il a donnée perd la Mitsva. Une personne s’est engagée à donner 100 000 shekels à la synagogue, répartis sur 15 ans, et elle a parlé de son don à des gens, pas forcément pour les encourager à donner. A-t-elle ainsi perdu la Mitsva de Tsédaka ? Et si oui, est-il permis ou nécessaire d’annuler le prélèvement automatique, puisque, a priori, la Mitsva n’est plus comptabilisée ?
Réponse
Shalom Ouvrakha,
Il n’est pas écrit que celui qui parle de son acte de Tsédaka ne reçoit pas de récompense. Il est écrit (Choulhan Aroukh, Yoré Déa, 249, 13) : « L’homme ne doit pas se vanter de la Tsédaka qu’il donne ». Autrement dit, le problème n’existe que lorsque le don est fait par orgueil et pour se glorifier. C’est pourquoi, dans ce même paragraphe, il est dit : « Celui qui consacre quelque chose à la Tsédaka a le droit d’y inscrire son nom afin que ce soit pour lui un souvenir, et il est recommandé d’agir ainsi ». Il apparaît de là qu’il n’y a aucun problème à ce que l’on sache qui a fait le don.
Le Rashba (Responsa, première partie, 1541) écrit que, a priori, il est souhaitable de rendre publique la Tsédaka donnée lorsque le but est d’encourager d’autres personnes à donner.
[Remarque : même dans un cas où, en effet, il n’y aurait pas de récompense pour la Mitsva, il est en général interdit d’annuler le don, car il s’agit d’un « vœu de Mitsva » (Néder Mitsva). Mais dans ce cas précis, il y a assurément une récompense entière pour la Mitsva, sans aucun doute].