Les bénédictions de la Havdala sont-elles considérées comme des bénédiction juxtaposée l'une à l'autre ?
Question
Les bénédictions de la Havdala sont-elles considérées comme des « bénédictions juxtaposées l'une à l'autre » — "ברכה הסמוכה לחברתה" — de sorte que, si l’on n’y a pas mentionné l'expression de מלכות ה' , peut-être serait-on quitte a posteriori ? Le Rav pourrait-il m’indiquer les sources ? Hazak OuBaroukh.
Réponse
Shalom Ouvrakha,
Les Richonim sont partagés sur cette question.
L’avis de Rabbénou Tam est qu’elles constituent une série de bénédictions juxtaposées l'une à l'autre ; et la raison pour laquelle elles commencent toutes par « Baroukh » est qu’il s’agit de bénédictions courtes. Si elles ne commençaient pas par « Baroukh », elles sembleraient ne former qu'une seule longue bénédiction.
L’avis des Tossafot est qu’elles ne sont pas juxtaposées, puisqu’il est possible de réciter chacune séparément ; et c’est aussi ce qui est écrit dans le Talmud de Jérusalem.
Voir les sources.
Source
Tossafot, Pessa’him 104b ד"ה חוץ מברכה :
Et Rabbénou Tam dit que « chéhakol bara likhvodo » (« Qui a tout créé pour Sa gloire ») et « yotser haadam » (« Qui forme l’homme ») commencent donc par « Baroukh » sans formule de conclusion, parce qu’elles sont courtes, comme les bénédictions sur les fruits et les Mitsvot, et leur introduction constitue leur conclusion. Et pour « Acher Yatsar Et Haadam » (« Qui a créé l’homme »), il faut commencer par « Baroukh », car si elle ne commençait pas ainsi, l’ensemble semblerait être une seule bénédiction. Concernant la bénédiction « La’assok bedivrei Torah » (« s’occuper des paroles de la Torah ») et « Veha’arev na » (« et rends agréables»), il dit qu’il s’agit d’une seule bénédiction, puisque « Veha’arev na » ne commence pas par « Baroukh ». Et la Havdala aussi, qui commence par « Baroukh » bien qu’elle soit juxtaposée à la bénédiction sur la lumière, le fait afin de ne pas paraître être une seule bénédiction. Cependant, dans le Talmud de Jérusalem, on objecte : mais qu’en est-il de la Havdala ? Et il répond : Rabbi les récitait séparément.