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Définition d’un makom petour

Définition d’un makom petour

Sujets de l’article

Dans cet article, nous définirons ce qu’est un rechout petour. Ce concept est fondamental pour celui qui étudie les lois du transport pendant Chabbat. Cet article a pour but de donner à l’étudiant tous les outils nécessaires pour définir ce qu’est un makom petour. Dans des articles séparés mais parallèles, nous définirons ce qu’est un rechout hayahid, ce qu’est un rechout harabim, et ce qu’est un karmelit. Le makom petour est une notion moins connue d’une partie des lecteurs, mais en pratique elle est très concrète : elle permet de poser ou de prendre divers objets dans un endroit où il n’y a pas d’érouv. Il est donc important de la connaître de manière approfondie, et c’est ce que nous ferons dans l’article qui suit.

Qu’est-ce qu’un makom petour ?

Il existe deux sortes de makom petour :

a. Un espace situé au-dessus de 10 tefa’him dans un karmelit ou dans un rechout harabim ; à propos d’un tel endroit, les interdits de Chabbat n’ont pas été énoncés.

b. Un endroit étroit dont la largeur n’atteint pas 4 tefa’him.

Par exemple, il est permis de poser des objets sur le haut d’une rambarde située sur le côté d’un rechout harabim, ainsi que de prendre des objets de là, dans deux cas : soit la rambarde a une largeur de 4 tefa’him mais se trouve à une hauteur supérieure à 10 tefa’him ; soit la rambarde est certes plus basse que 10 tefa’him, mais elle est étroite et sa largeur n’atteint pas 4 tefa’him, même si cette rambarde s’étend le long du rechout harabim sur plusieurs kilomètres. En revanche, si la rambarde a une largeur de 4 tefa’him et se trouve à une hauteur de 10 tefa’him ou moins, il n’est pas permis d’y poser quoi que ce soit ni d’en prendre quoi que ce soit. [Dans certains cas parce qu’il s’agit d’un rechout harabim, et dans certains cas parce qu’il s’agit d’un karmelit].

Un makom petour requiert plusieurs conditions :

  1. L’endroit n’a pas une largeur de 4 tefa’him, même si sa longueur est très grande. Cela s’applique qu’il s’agisse d’une saillie étroite sur laquelle il y a de la place pour poser des objets, qu’il s’agisse d’un trou étroit dans le sol, ou qu’il s’agisse de deux cloisons adjacentes dont l’espace entre elles est inférieur à 4 tefa’him. (Choulhan Aroukh, Ora’h ‘Haïm, siman 345, se’if 19 ; Michna Broura, se’if katan 81).
  2. L’endroit est éloigné du sol de 3 tefa’him, soit qu’il s’élève au-dessus du sol de 3 tefa’him, soit qu’il soit plus bas que le sol de 3 tefa’him. Mais une saillie au-dessus du sol de moins de 3 tefa’him, ou un trou d’une profondeur inférieure à 3 tefa’him, ne constitue pas un makom petour. (Choulhan Aroukh, Ora’h ‘Haïm, siman 345, se’if 19 ; Michna Broura, se’if katan 83).
  3. L’endroit se trouve dans un rechout harabim, ou bien attenant au mur d’un karmelit. Si l’endroit se trouve dans un karmelit, il existe une controverse quant à savoir s’il devient un makom petour. Si l’endroit se trouve dans un rechout hayahid, selon tous les avis il est un rechout hayahid et non un rechout harabim. (Rama, Ora’h ‘Haïm, siman 345, se’if 19 ; Biour Halakha, siman 345, se’if 17, s.v. ‘Horei). En pratique, la halakha a été tranchée qu’il n’y a pas de makom petour dans un karmelit ; toutefois, en cas de nécessité pressante, on peut être indulgent selon l’avis de ceux qui permettent et considèrent qu’il existe un makom petour même au milieu d’un karmelit. (Michna Broura, siman 345, se’if katan 87 ; Biour Halakha, siman 345, se’if 19, s.v. VeYech). [Voir Biour Halakha (siman 346, se’if 1, s.v. Birchouyot), dont les propos impliquent que même attenant à un mur, il ne devient pas un makom petour selon ceux qui l’interdisent, contrairement à ce qu’il a écrit plus haut. Cela demande examen]. Si le makom petour est plus haut que 10 tefa’him, même s’il se trouve dans un karmelit, il est un makom petour. (Biour Halakha, siman 346, se’if 1, s.v. Birchouyot).

Dans le cas où il existe un espace étroit entre deux cloisons, qui n’a pas une largeur de 4 tefa’him, mais où, avec l’épaisseur des cloisons, il y a 4 tefa’him, et dans le cas où, si l’on posait une planche sur les cloisons, on pourrait l’utiliser, néanmoins il est

Quelle est la loi lorsqu’il n’y a pas d’espace de 4 tefa’him ?

La nécessité d’un endroit de 4 tefa’him tient au fait qu’il faut que l’endroit soit apte à l’usage. Par conséquent, dans le cas où il n’y a pas entre les cloisons un espace de 4 tefa’him, mais qu’en ajoutant l’épaisseur des cloisons on obtient 4 tefa’him, ce n’est pas un rechout hayahid, car on ne peut pas utiliser cet espace intérieur. Cependant, concernant l’air situé au-dessus de cet espace, la Michna Broura (siman 345, se’if katan 3) rapporte 3 avis : a. L’avis de la majorité des poskim est que même l’air au-dessus de cet endroit n’est pas considéré comme un rechout hayahid. b. Rachi et d’autres Richonim estiment que, bien qu’entre les cloisons ce soit un makom petour et non un rechout hayahid, l’air au-dessus des cloisons a le statut de rechout hayahid. c. L’avis du Eliyah Rabbah (siman 345, se’if katan 3) est que cela dépend : si les cloisons sont fines, de sorte qu’on ne peut pas les utiliser pour y poser une étagère ou quelque chose de semblable, c’est un makom petour et non un rechout hayahid ; mais si les cloisons sont épaisses, et qu’il est possible d’en faire usage en posant une planche dessus, l’air au-dessus des cloisons a le statut de rechout hayahid.

Source

Choulhan Aroukh (Ora’h ‘Haïm, siman 345).