Planification d'une croisière et considérations sur le Shabbat
Question
Réponse
Merci pour votre question.
Lors de la planification d'une croisière qui se déroulera pendant le Shabbat, il est important de prendre en compte plusieurs détails concernant la Halakha.
Croisière organisée par une entreprise juive :
Si c'est une croisière organisée par une entreprise juive, il serait interdit de voyager sur le navire pendant le Shabbat, car cela signifie bénéficier d'un Juif qui viole le Shabbat pour lui. C'est une interdiction générale dans tout cas où un Juif a violé le Shabbat, et il est interdit de bénéficier de sa mélakha, cela s'appelle "Ma'ase shabbat". La source de cette halakha :
Talmud Bavli, Traité Ketubot, page 34a
"Si quelqu'un cuisine pendant le Shabbat, si c'est involontairement - il peut manger (la nourriture), si c'est intentionnellement, lui (et les autres) ne peuvent pas la manger (jusqu'à la fin du Shabbat), c'est l'opinion de Rabbi Meir.
Rabbi Yehuda dit : Si c'est involontairement, lui (et les autres) peuvent la manger après le Shabbat, si c'est intentionnellement, lui (celui qui a cuisiné la nourriture) ne peut jamais la manger.
Rabbi Yochanan dit : Si c'est involontairement, les autres peuvent la manger après le Shabbat mais pas lui, si c'est intentionnellement, ni lui ni les autres ne peuvent jamais la manger.
Nous voyons de ces trois opinions que la nourriture cuisinée pendant le Shabbat ne peut apporter aucun bénéfice pendant le Shabbat. La discussion porte uniquement sur le fait de savoir si après le Shabbat, on peut bénéficier d'une mélakha faite par un Juif intentionnellement pendant le Shabbat (Shulchan Aruch Orach Chaim Siman 318)
De même, lors de la croisière, on ne peut pas bénéficier de la mélakha faite par l'entreprise juive pour lui pendant le Shabbat et donc il serait interdit de partir en croisière pendant le Shabbat.
Si l'entreprise est dirigée par des non-Juifs :
Si le navire de croisière est non seulement dirigé par des non-Juifs mais aussi que tous les travailleurs sont des non-Juifs, alors trois critères doivent être analysés pour permettre de voyager en croisière :
1. La plupart des invités sur le paquebot sont des non-Juifs. C'est parce que si la plupart des passagers sont des Juifs, cela serait considéré que le non-Juif fait une mélakha pour un Juif, ce qui serait problématique car on ne peut pas bénéficier d'une mélakha faite spécifiquement pour un Juif pendant le Shabbat.
2. Même si les passagers juifs n'étaient pas sur le navire, il aurait quand même navigué
3. Et on ne peut embarquer sur le navire que avant mercredi. Cette halakha est basée sur le Shulchan Aruch Siman Orach Chaim 248
Shulchan Aruch Orach Chaim, lois du Shabbat, Siman 248, Se’if 1
"Cependant, si l'on voyage pour des raisons personnelles, on ne peut pas partir en mer sur un navire moins de trois jours avant le Shabbat".
Le Mishneh Berurah écrit que la raison en est qu'il faut trois jours à une personne pour s'habituer au balancement du navire, ce qui peut provoquer le mal de mer et être nauséabond. Donc, si l'on devait embarquer la veille du Shabbat, cela le rendrait malade pendant le Shabbat et il ne pourrait pas profiter du jour de Shabbat qui devrait être un jour de plaisir et de détente. Comme il est dit וקראת לשבת עונג, donc si l'on part avant mercredi, il aura trois jours pour s'habituer au balancement et au tangage du navire.
L'autre raison est qu'en général, il est interdit de nager dans l'eau pendant le Shabbat car on pourrait en venir à construire un radeau comme expliqué dans le Siman 339, c'est pourquoi les rabbins ont initié que l'on doit embarquer tôt avant mercredi et alors ce sera un rappel pour lui qu'il est interdit de faire un radeau pendant le Shabbat, et seule la navigation est permise.
Je vous souhaite un voyage sûr et agréable.
Source
Talmud Bavli, Traité Ketubot, page 34a
Shulchan Aruch, Orach Chayim, Siman 318
Shulchan Aruch, Orach Chayim, Siman 248, Se’if 1