Un gabbaï peut-il ajouter de sa poche lorsque la synagogue a retardé le paiement du baal kore
Question
Chalom,
Une synagogue qui verse un salaire au baal koreh a, une fois, retardé le paiement. Le gabbaï veut dédommager le baal koreh et lui verser un supplément de sa propre poche. Est-ce permis ?
Réponse
Chalom et bénédiction,
C’est permis, et a priori il convient de distinguer le paiement du capital de la somme supplémentaire.
Source
Siman ק"ס se’if י"ג : il est permis à une personne de donner de l’argent à son ami afin qu’il prête à un tiers, car il ne prête pas à l’emprunteur lui-même. De même ici, les intérêts ne proviennent pas de la caisse de la synagogue mais de la poche du gabbaï, et il n’a pas assumé de responsabilité personnelle. Néanmoins, dans le Choul’han Aroukh, on pose comme condition que celui qui donne les intérêts ne revienne pas ensuite reprendre l’argent à l’emprunteur, et que l’emprunteur ne dise pas non plus : « Untel donne pour moi ». Et certains estiment qu’il est interdit à l’emprunteur d’amadouer son ami pour qu’il donne des intérêts pour lui. Le Chakh tranche conformément à l’avis anonyme, qui est indulgent et permet à l’emprunteur d’amadouer celui qui donne les intérêts (voir Pit’hé Techouva).
Dans notre cas, il faut examiner si cela est considéré comme si la synagogue avait amadoué le gabbaï pour qu’il donne, ou si cela est considéré comme l’expression : « Untel donnera pour moi », ce qui est interdit selon tous les avis, car ici le gabbaï est le représentant de la synagogue. Si une autre personne donnait les intérêts pour la synagogue, il serait interdit au gabbaï de dire au baal koreh : « Untel donnera pour moi », ainsi que de l’amadouer pour qu’il donne, selon ceux qui l’interdisent. Ici, puisqu’il s’agit de la même personne, il faut se demander si cela ne paraît pas comme s’il agissait en tant que délégué de la synagogue. Néanmoins, il semble qu’on puisse être indulgent dans un cas ponctuel, où l’on peut dire que le gabbaï donne la somme supplémentaire en raison de sa propre négligence dans le transfert de l’argent, et qu’il ne donne donc pas du tout au nom de la synagogue.