À qui verse-t-on les frais de Shidoukh ?
Question
Shalom,
Une femme a demandé à son amie de réfléchir à une idée de Shidoukh (parti) pour sa nièce, et l’amie lui a donné le nom de quelqu’un qui pourrait lui convenir. La tante a fait la proposition et le Shidoukh a finalement été conclu. Celle qui a suggéré ce nom a‑t‑elle, elle aussi, droit à des Dméi Shadkhanout (rétribution donnée à l'intermédiaire)?
Réponse
Shalom Ouvra'ha,
Selon la stricte loi, celle qui a suggéré le nom n’a pas droit à une rétribution pour le Shidoukh, car elle n’a pas fait la proposition directement à la famille, mais a seulement indiqué une possibilité au Shadkhan (intermédiaire). Néanmoins, il est souhaitable que le Shadkhan lui donne quelque chose de sa propre initiative.
Source
Le Gaon de Vilna (185, 13) écrit que la raison pour laquelle un courtier - סרסור (de nos jours, un Shadkhan ou un intermédiaire immobilier) perçoit un salaire même si le propriétaire ne l’a pas expressément mandaté, relève de la Halakha de « Yored » (personne faisant fructifier les biens d'autrui sans avoir été mandaté - qui perçoit quand même une certaine rétribution). Dans le Pit’heï Techouva (ad loc.,3) il cite le Atarat Tsedek à propos de la rémunération de Shidoukh : si l’un a commencé et qu’un autre a terminé, il existe différentes coutumes : soit partager les honoraires en deux, soit en trois parts — pour celui qui commence, l’intermédiaire et celui qui conclut — et tout dépend de l’usage local. Il y est précisé que celui qui est qualifié de « commençant » n’a ce statut que s’il a parlé avec les parties au sujet du Shidoukh — modalités etc. Il ajoute ensuite qu’est aussi considéré comme "commençant" même celui qui n’a pas pu mener l’affaire à son terme et qui n’a fait que proposer le Shidoukh aux parties, et que sans lui le Shidoukh n’aurait pas commencé du tout.
De nos jours, on a l’usage de verser à la personne qui a proposé un tiers, même s’il n’a pas mené les négociations du Shidoukh, puisqu’il est celui qui a présenté la proposition aux intéressés. Néanmoins, il faut qu’il ait proposé le Shidoukh aux parties elles‑mêmes, et non pas seulement comme une simple indication ou idée donnée au Shadkhan.
Malgré tout, il est souhaitable que le Shadkhan lui donne quelque chose de sa propre initiative, car sans celui qui a proposé le Shidoukh n’aurait pas eu lieu, et il se trouve qu’il est une cause réelle du Shidoukh, bien qu’il n’existe pas envers lui d’obligation stricte de payer.