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Libération de terroristes en échange de corps juifs

Question

Quelle est la justification de libérer des terroristes en échange des corps de Juifs?

Réponse

Shalom et bénédictions 

Extrait de l'article de notre maître, le Gaon, Rav Amram Fried, shlita, sur la question: 

Libération des captifs contre libération des terroristes:
A.
"Du premier-né de Pharaon assis sur son trône au premier-né du captif qui est dans le cachot" (Exode 22:19).
Il est expliqué dans le Targum Yonatan que Pharaon détenait les fils des rois des nations subordonnées [héritiers du trône]
comme garantie et caution [voir Rois I 20:13], et eux aussi sont morts parce qu'ils se réjouissaient
de la soumission d'Israël, et de même dans la Mekhilta (Traité de-Pessah, ch. 13) que les captifs sont morts parce qu'ils se réjouissaient
des décrets de Pharaon contre Israël.
B.
Il est dit dans la Guemara (Gittin 45a) que les captifs ne sont pas rachetés pour plus que leur valeur pour le bien de l'ordre du monde. Et dans la Guemara là-bas
il y a deux raisons pour lesquelles ils ne sont pas rachetés: soit pour que la communauté ne devienne pas appauvrie, soit pour que cela ne les amène pas
à capturer plus de personnes et ainsi gagner de l'argent.
La différence entre les raisons est dans un cas où il n'y a pas de question d'argent: selon la première raison, il est nécessaire de se soucier du rachat
des captifs, mais selon la deuxième raison, il y a une discussion pour ne pas racheter.
Rambam (Lois des Dons aux Pauvres, ch. 8, hal. 12) a statué la deuxième raison, et ainsi c'est dans Yoreh De'ah (ch. 252, sec. 5)
[voir Ketubot 52 et Ran sur le Rif (Gittin 22 selon les pages du Rif)].
C.
Dans Tosafot (Gittin 58) il est expliqué qu'en cas de danger pour la vie, ils rachètent même plus que leur valeur. Selon Tosafot, il y a
une discussion dans notre cas pour la permission, mais Ramban (Gittin 55) a écrit pour ne pas être d'accord avec Tosafot, car chaque captif
est en danger de mort, et pourtant les sages ont interdit de le racheter pour plus que sa valeur.
Et dans cette question, les autorités postérieures diffèrent, dans les responsa de Maharam de Lublin (ch. 15) a statué qu'ils ne rachètent pas même en cas
de danger, et ainsi c'est dans les responsa de Knesset Yehezkel (ch. 38), mais dans Beit Hillel (Yoreh De'ah 252) il est écrit qu'en cas de danger
ils rachètent. Et ces questions sont apportées là-bas dans Pitchei Teshuva (sec. 4), et il est statué qu'en cas de danger ils rachètent.
D.
Il est expliqué que les captifs ne sont pas rachetés pour plus que leur valeur pour qu'ils ne capturent pas plus, et selon cela, ils ne rachètent pas un captif
en libérant des terroristes, car cela conduira à capturer plus de personnes. Cependant, il y a une discussion que les personnes
qui ont combattu peuvent être rachetées, afin qu'elles combattent sans peur, sachant que tout sera fait pour les libérer si
elles sont capturées. Cependant, s'il y a un danger pour les captifs, il est permis même de racheter des civils qui ont été capturés. Mais s'il est certain
que les terroristes libérés tueront plus, cela doit être discuté.
E.
Entrer en danger pour sauver son ami, et mettre d'autres en danger pour sauver son ami:
Il est écrit dans Meshech Chochma sur le verset "Va, retourne en Égypte, car tous les hommes qui cherchaient ta vie sont morts"
(Exode 4:19), ce qui prouve que si ceux qui cherchaient sa vie étaient vivants [c'est-à-dire si Dathan et Abiram étaient vivants],
il n'aurait pas besoin d'aller pour faire sortir les enfants d'Israël d'Égypte, même si tout Israël a besoin de lui, il ne devrait pas
se mettre en danger [et donc seulement parce que Dathan et Abiram sont morts, il a été commandé de retourner en Égypte pour sauver
le peuple d'Israël]
Et cela est élaboré dans Or Sameach (ch. 7, lois du meurtrier) qu'on ne doit pas entrer dans un danger douteux pour sauver son ami
d'un danger certain, et il a apporté du Talmud de Jérusalem (Ketubot, ch. 8) qu'on entre dans un danger douteux pour sauver
son ami [même un individu, pas une communauté], mais il a rejeté qu'il n'y a pas de preuve du Talmud de Jérusalem, et il a apporté des autorités (Choshen
Mishpat, ch. 426) sur cette question.
Et l'opinion de Meshech Chochma ci-dessus est qu'on ne doit pas entrer dans un danger douteux pour sauver son ami, et même pas une communauté, et ainsi est
l'opinion de Netziv (dans Haamek She'ela, ch. Re'eh), et voir Pitchei Teshuva (Yoreh De'ah, ch. 157, sec. 9) que celui qui fait ainsi est un pieux insensé, et ainsi a statué Mishnah Berurah (ch. 329, sec. 19) concernant un individu qu'on ne doit pas entrer dans un danger douteux si c'est un vrai danger douteux [et voir Chazon Ish, Yoreh De'ah, ch. 69].
Et ceux qui ne sont pas d'accord avec Or Sameach ci-dessus et croient qu'on doit entrer dans un danger douteux pour sauver son ami [et à plus forte raison
une communauté], doivent expliquer comment ils interprètent le verset ci-dessus, et il y a une longue discussion à ce sujet, et ce n'est pas le lieu pour cela.
F. 
Il est expliqué que selon la loi, on ne doit pas entrer dans un danger douteux pour sauver son ami, mais seulement si c'est un vrai danger douteux
mais si c'est un danger éloigné, on doit entrer dans ce danger pour sauver son ami. Cependant,
pour sauver des personnes si d'autres sont mis en danger à cause de cela, il n'y a pas de permission pour cela, surtout si c'est un risque raisonnable.
Et il est expliqué qu'on ne doit pas entrer dans un danger douteux pour sauver son ami, mais en guerre, il y a une permission pour cela [comme expliqué
dans Minchat Chinuch, commandement 453].

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