Quand dire Kiddouch Lévanah pour le mois de Tichri - avant ou après Yom Kippour ? | Prières de Yom Kippour | Demandez au rabbin en ligne - Site SHEILOT

Quand dire Kiddouch Lévanah pour le mois de Tichri - avant ou après Yom Kippour ?

Question

Shalom,

Chaque année, dans notre minyan, il y a une discussion animée sur le moment de dire Kiddouch Lévanah pour le mois de Tichri.
 Pourriez-vous m'expliquer le contexte de cette controverse afin que je puisse mieux comprendre les différentes opinions et les partager avec d'autres ?

Réponse

Merci pour votre question.

La question est de savoir s'il faut dire Kiddouch Lévanah avant Yom Kippour ou attendre après Yom Kippour pour le faire.
 La « controverse », comme vous l'avez appelée, est basée sur un certain nombre de facteurs et de sources dans les Rishonim et Achronim. Je voudrais la partager avec vous afin que vous puissiez ensuite la partager avec les gens de votre synagogue.
 Je vais d'abord vous donner une réponse concise, puis une explication plus approfondie.

Il y a des gens qui ont la coutume d'attendre après Yom Kippour pour faire Kiddouch Lévanah.
 La raison en est qu'une personne ne devrait réciter Kiddouch Lévanah que lorsqu'elle est b’simchah.
 Jusqu'après Yom Kippour, une personne n'est pas considérée comme pleinement b’simchah, puisque les Sifrei Chaim et Sifrei Meisim sont encore ouverts devant le Ribono shel olam.
Par conséquent, nous attendons d'abord que les Yemei HaDin soient terminés, et ensuite nous pouvons dire Kiddouch Lévanah b’simchah, comme il est dit que le Motza’ei Yom Kippur une bat kol proclame “Lech, echol b’simchah es lachmecha…

Cependant, il y a des opinions qui disent exactement le contraire :
 Puisque entre Rosh Hashanah et Yom Kippour sont les Yemei Din, nous essayons d'obtenir autant de zechuyos que possible.
Adaraba, on devrait réciter Kiddouch Lévanah pendant les Aseres Yemei Teshuvah afin d'avoir un autre zechus en sa faveur.

En pratique…

HaGaon HaRav Amrom Fried écrit qu'on devrait suivre le minhag avosav - la coutume de ses ancêtres.

La réponse en profondeur:

 Le Maharil, dans Hilchos Aseres Yemei Teshuvah (p. 304), écrit qu'on devrait réciter le Kiddouch Lévanah du mois de Tichri seulement après Yom Kippour.
C'est l'opinion rapportée par le Rema dans Orach Chaim, Hilchos Rosh Hashanah, Siman 602.

שולחן ערוך אורח חיים הלכות ראש השנה סימן תרב

אין מקדשין הלבנה עד מוצאי יום כפור;

On ne récite pas la bénédiction pour Kiddouch Lévanah jusqu'à Motsey Yom Kippour.

Il y a deux raisons pour ce minhag 

Une raison est apportée par le Levush (ibid.) qu'on devrait réciter Kiddouch Lévanah b’simchah, et pendant les Aseres Yemei Teshuvah on n'est pas pleinement b’simchah, puisque ce sont les Yemei Din.

La deuxième raison est apportée par le Seder HaYom (p. 118) : puisque le Motza’ei Yom Kippur nous sommes considérés comme des malachim, il est donc approprié de saluer la Shechinah alors.

Cependant, le Leket Yosher (vol. 1, p. 70) écrit que le Terumas HaDeshen réciterait Kiddouch Lévanah le Motza’ei Shabbos, Shabbos Teshuvah et n'attendrait pas jusqu'au Motza’ei Yom Kippur.
Il le faisait afin que le zechus de cette mitzvah penche la balance en faveur, puisque ce sont les Yemei HaDin et chaque mitzvah que nous faisons peut changer le verdict dans Shamayim.

Le Levush (ibid.), le Vilna Gaon dans Sefer Ma’aseh Rav (os 159), et le Eliyah Rabbah tous posent comme cette opinion et écrivent que la grandeur de cette mitzvah a le pouvoir de sauver quelqu'un de la mort, Rachmana litzlan.
La même chose est écrite par le Chidah (Moreh B’Etzbah, os 283), Rabbi Chaim Palagi (Sefer Ruach Chaim, siman 603), et de même par le Aruch HaShulchan (siman 602, se’if 18).

Le Mishnah Berurah apporte les deux opinions et s'abstient de donner un psak direct quant à ce qui est l’halachah.
Cependant, dans le Biur Halachah (siman 426) il semble qu'il penche plus vers l'opinion du Levush mentionnée plus tôt, qu'on devrait le dire avant Yom Kippour.

En pratique, les communautés suivantes récitent Kiddouch Lévanah avant Yom Kippour :
 le Gaon de Vilna, le Chazon Ish (Orchos Rabbeinu, vol. 1, p. 277), et minhag Yerushalayim.

Cependant, le minhag des Artzos : Ashkenaz (Minhagei Frankfurt, p. 142), Damesek (Sefer Pri Yitzchak, os 161), et Gerbah (Brit Kehunah, os 19) est de le réciter après Yom Kippour.

Donc, comme vous le voyez, c'est une grande controverse et par conséquent, on devrait suivre le minhag de son père.

Je vous souhaite une kesivah v’chasimah tovah.


 


Source

  • Choulhan Aroukh Orach Chaim 602
  • Rema Orach Chaim 602
  • Shimusha Ve'limudah page 506 (HaGaon Harav Amrom Fried Shelita)
  • Maharil, Hilchos Aseres Yemei Teshuvah p. 304
  • Levush (ibid.)
  • Seder HaYom p. 118
  • Leket Yosher vol. 1 p. 70
  • Terumas HaDeshen (comme cité dans Leket Yosher)
  • Vilna Gaon, Sefer Ma’aseh Rav os 159
  • Eliyah Rabbah
  • Chidah, Moreh B’Etzbah os 283
  • Rabbi Chaim Palagi, Sefer Ruach Chaim siman 603
  • Aruch HaShulchan siman 602 se’if 18
  • Mishnah Berurah (sur Orach Chaim 602)
  • Biur Halachah siman 426
  • Orchos Rabbeinu vol. 1 p. 277
  • Minhagei Frankfurt p. 142
  • Sefer Pri Yitzchak os 161
  • Brit Kehunah os 19


Commentaires

Vous avez une question supplémentaire sur ce sujet ou avez besoin de clarification ? Laissez votre commentaire ci-dessous. (Veuillez noter que le commentaire ne sera pas publié mais sera envoyé directement au Rav pour examen et réponse privée.)

Veuillez vous inscrire ou vous connecter pour soumettre votre commentaire